Nekro – Singles (2011-2014, auto-production/ self-produced)

Nekro – Singles (2011-2014, auto-production/ self-produced)

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Rébarbative pour certains, ennuyeuse pour d’autre mais surtout diablement entêtante pour ses fans acharnés, la musique electro minimaliste a cette capacité inhérente de ne laisser personne indifférent. Sans aucun avis mitigé, sans laisser le doute quant au fait de l’aimer ou non, elle fait cependant réagir, d’un extrême à l’autre. Et les craintes des premiers sont aussi importantes que l’addiction des seconds; soit elle apparaît comme une forme d’expression artistique dénouée de tout sens ou de tout intérêt, soit elle est terriblement addictive et entraînante, taillée pour les pistes de danse et les transes possédées alors que la lumière s’éteint. Les titres de Nekro s’inscrivent dans cette catégorie, pour une raison assez simple: ils cherchent, sur des structures mécaniques et artificielles dépouillées et directes, les samples les plus susceptibles de créer la surprise et la ténacité, de stimuler les jambes et le hanches autant que l’intellect. L’artiste nous emmène, depuis maintenant trois ans, dans ces méandres calculateurs et convaincants, issus d’une imagination qui semble intarissable.

Nekro crée ses musiques comme on bricole les rouages d’une horlogerie souple et solide. Il cherche les rythmiques les plus naturelles, les moins complexes (Syntax) pour mieux y adapter les boucles atonales d’échantillons sonores oscillant continuellement entre mélodie et atonalité. On peut ici pratiquement parler d’electro progressive: aussi bien en considérant le chemin parcouru depuis 2011 et l’évolution continue de chaque exemple sonore. Découpant les harmonies et tranchant dans le vif afin d’apporter aux éclats synchroniques leur luminosité fondamentale (Grunge Boy), il orne ses thèmes d’extraits apparaissant au premier abord comme anachroniques (Nyan, Do That Tyler) puis révélant leur véritable importance. Les basses synthétiques épousent les formes chaloupées et légères de sons épurés et obsédants (Diamonds, Jet Set Future) avant de plonger l’auditeur dans des passages plus hypnotiques et racés (Frantic!, Resistance, en duo avec Lapin Lover). L’illumination et l’intelligence impulsives du bricoleur de génie qui nous apparaissent ici deviennent alors plus grandes et intrigantes, plus subtiles et impressionnantes. Et, en revenant dans le passé pour contempler sa carrière, on constate que le son a été lissé, pensé sur des bases fondamentales, sensuelles et pourtant d’une énergie incroyable, frôlant continuellement la deep house ou l’influence du remix dont il est coutumier (Cemetery Courts, Matafact). Plutôt que de se réinventer, Nekro demeure en quête de la perfection de sa technique et de ses inspirations, gardant précieusement les armes qu’il s’est lui-même fabriquées.

Ainsi, la musique technologique du compositeur revêt un caractère humain sous-jacent, une pulsation fine et sensible qui diffère d’autres productions du même genre. Ecoutant d’abord l’essence brute des archives qu’il doit et veut explorer, il en recueille la source la plus à même de bercer les âmes autant que de les motiver. Continuellement en équilibre précaire entre fondations musicales et impulsion robotique des percussions, il conçoit ses entités métalliques avec conscience et précision, modifiant les dérivations et insufflant une électricité créatrice sensationnelle et magnifiquement dosée. En faisant intervenir des nappes de claviers brèves mais redoutables, il humanise les circuits hydrauliques de ses pistes, les déclenche et les laisse alors vivre et conquérir. Aussi fébriles en premier lieu que toxiques dans les secondes qui suivent, les titres se répandent comme un virus d’abord bénin puis rapidement malin, contaminant les muscles et les synapses pour provoquer les mouvements saccadés de corps réduits à la soumission. Nekro simplifie afin de mieux captiver; au lieu de trop arranger, il injecte parfaitement et scrupuleusement les bribes de son propre langage pour immédiatement créer un sentiment d’unité de l’ensemble de son oeuvre, ainsi qu’un adhésion totale à sa démarche inventive et osée.

Nekro propose une expérience radicale mais exemplaire, précisément construite et volontaire. De quoi réconcilier les sceptiques avec les machines.

Raphaël DUPREZ

https://soundcloud.com/kcnekro

https://www.facebook.com/NekroOfficial

 

Seemingly off-putting for some of us, boring for others but, most of all, devilishly heady for its fiercest fans, minimal electro music has an inner capacity not to let people indifferent to it. Without any average opinion or allowing any reason to doubt of loving or hating it, it is a common source of extreme reactions. Thus, one’s fear of it equals the others’ addiction; either it appears to be a kind of senseless or uninteresting form of art, or it is a terribly mesmerizing and catchy mood which is perfect for dancefloor parties or possessed trance once the lights go out. Nekro’s tracks are a perfect illustration for both of them, for many reasons: the composer constantly looks for the most interesting samples to initiate surprise and motivation, helping legs and bodies shake as well as brains, while playing frank and straight, mechanical and artificial structures. For three years, he has been taking us to the calculative and convincing meanders of his inexhaustible imagination.

Nekro composes music as one would fix all the inner workings of a delicate but impressive clock. He always tends to find the most natural and less complex rhythms (Syntax) to better adapt astonished loops of melodic or out-of-tune samples. One could possibly admit that his sounds are a kind of progressive electro experience: thus, such a continuity can be found in the work he has been doing since 2011 but, moreover, in the endless selection of every harmony example he has been giving us. Cutting tunes to the core to bring a subtle light through elemental tones (Grunge Boy), he decorates extracts from multiple themes that first sound anachronistic (Nyan, Do That Tyler) but soon reveal their primordial importance. Synthetic bass gets united to the swaying shapes of clean and obsessive noises (Diamonds, Jet Set Future) before taking us into hypnotizing and classy atmospheres (Frantic!, Resistance featuring Lapin Lover). The clever, impulsive intelligence of the creator then grows bigger and more intriguing, sweeter and more impressive. Basically, when one goes back in time to consider his whole career, one notices that all tracks have been made cleaner and efficient while being put, little by little, on an essential, sensual and incredible energy close to deep house and remixing influences (Cemetery Courts, Matafact). More than only reinventing his work, Nekro endlessly aims to find perfection in his technique and inspiration by preciously using the musical weapons he has especially built.

Thus, the composer’s technologic music gets a subjacent human concept, a thin and sensitive impulse taking us far away from the kind of music that is usually done with this genre. First paying attention to the rough and main essence of the artistic archives he wants and needs to explore, he tears apart their inner source to rock and motivate our souls. Continually balanced between musical foundations and a percussive, robotic urge, he conceives metallic entities before, precisely, giving birth and conscience to them, then modifying every circuit by plugging a sensationally creative and magnificently thought electricity current. Using short but increasing keyboards, he humanizes hydraulic systems from his tracks, starts them so they can live and conquer. First slow but soon toxic, all songs spread like a virus ready to become malignant, infecting muscles and synapses to bring the first, uncurable symptoms on frenzy and submitted bodies. Nekro simplifies in order to captivate; instead of exaggerating arrangements, he perfectly and scrupulously injects the multiple pieces of his own harmony language to immediately allow us to feel the work of unity and constancy he has done, so we can only and totally hail his inventive and daring approach.

Nekro invites us to a radical but incredibly smart and self-willed experience. No doubt it will  reconcile sceptics to machines.

Raphaël DUPREZ

https://soundcloud.com/kcnekro

https://www.facebook.com/NekroOfficial

 

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