A Perfect Day – The Snow! The Hand Holding Apocalypse! (2014, auto-production/ self-produced)

A Perfect Day – The Snow! The Hand Holding Apocalypse! (2014, auto-production/ self-produced)

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Le monde du DIY (le fait-maison, pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette appellation) est décidément foisonnant; à tel point que l’on se demande, à juste titre, si la musique de demain n’est pas destinée à être représentée par tous ces artistes en herbe que la technologie accompagne, les autorisant à profiter des avancées informatiques pour donner vie à leurs idées et compositions les plus personnelles et profondes. Et ce, dans tous les genres. A Perfect Day, ce jeune artiste américain dont nous avons déjà parlé ici, revient avec son inspiration inépuisable, peu de temps après l’excellent This Life Cuts Deep. Faut-il craindre un lapse de temps si court entre deux oeuvres? Non, pour deux raisons. La première est que N.G. reprend ici plusieurs titres de son LP précédent. La seconde, c’est qu’il les accompagne de compositions nous plongeant encore plus loin dans son désir effréné de créer un metal froid, mécanique et hautement inspiré. Mais plus encore.

Batteries et guitares dévastent tout sur leur passage, créant un mur sonore sur lequel l’auditeur est violemment écrasé (She Has Fallen! Captain, She Has Fallen!). De cette boue collante dont il ne subsiste aucune échappatoire, des mélodies désespérées essaient tant bien que mal d’émerger, de se frayer un chemin au milieu de déchets parsemés sur une route de terre broyée et poussiéreuse. Mais, étonnamment, à l’angoisse succède une surprenante forme de douceur et d’interrogation, alors que les claviers implosent et éclatent sous l’effet d’une furie pourtant mesurée (Mocha Lattes, The Snow! The Hand Holding Apocalypse!). Brusquement, A Perfect Day s’aventure dans le post-rock en déliant ses mélodies, en posant le lourd fardeau qu’il porte depuis si longtemps (Leggings, Beanies & Tumblr, Scene Hairr) avant d’explorer des univers electro imprévisibles et stupéfiants (We’ve Never Met (I Still Love You)). Comme si le musicien voulait injecter son désarroi dans de nouveaux organes vitaux, artificiels et morts, afin de leur donner vie et de se les approprier. Les voix, d’abord hurlées et d’une violence inouïe, déchirant les veines et la chair, découvrent un chant plus posé, plus sobre, tout en souffrance contenue.

Le calme succède à la tempête dans des échos sombres et dark ambient toujours proches de la rupture (Maddie Knows Best). Tout en gardant la noirceur propre à son langage originel, le compositeur érige de nouveaux repères insoupçonnés et osés (Blizzard, Skype Calls Until 2 A.M.). Son expressivité se démultiplie dans des influences très 90’s et indus, brouillant les pistes et abandonnant l’auditeur au coeur de tourments climatiques impénétrables (You, Peppermint Sweet). En redécouvrant les machines, A Perfect Day s’offre des libertés qui lui étaient aussi nécessaires qu’impossibles à deviner. La nature humaine devient autant clonée que cinétique, déconstruite et montée dans des chaînes de fabrication où la robotique se dérègle, où les accessoires deviennent indépendants et se retournent contre leurs créateurs. Le métal se liquéfie pour pénétrer les os et la moelle, pour enlever tout semblant d’humanité à des créatures dont l’âme est alors recluse. Au lieu de n’être qu’un miroir du passé, l’album devient futuriste et présage de l’orientation de son créateur: aller chercher l’insalubre dans l’électronique, porter un message en apparence accueillant pour y dissimuler l’anthrax harmonique qui contaminera les esprits.

The Snow! The Hand Holding Apocalyse! est plus qu’un tournant dans la carrière grandissante de A Perfect Day; c’est une affirmation de l’expression autant qu’un risque flamboyant.

Raphaël DUPREZ

http://aperfectday.bandcamp.com/album/the-snow-the-hand-holding-apocalypse

 

The wonderful world of DIY (Do It Yourself, for those who do not know) is admirably complex ; so that one is asking, quite reasonably, if music from the future is not meant to be exposed by all new artists who are given the ability to compose thanks to a technology allowing them to use the progress of computers and recording systems in order to bring their most personal and deep ideas of composing to life. Young creator A Perfect Day, whom we have talked about here, is already back with his neverending inspiration, not long after his excellent LP This Life Cuts Deep. Then, does one have to fear the small lapse of time between his two works? No, for two main reasons. First of all, N.G. is using many of his previous tracks on this new record. Second one is, the most recent ones are immediately taking us into his desire to create a cold, mechanical and highly inspired metal music. But also, a lot more than that.

Drums and guitars are devastating everything on their way, creating a wall of sound where each listener violently crashes (She Has Fallen! Captain, She Has Fallen!). From such a sticky mud in which no escape exists, desperate melodies manage to get out and find their way among debris on a soil of desolation and dirt. But, surprisingly, an astonishing kind of sweetness and self-questioning replaces fear, as keyboards implode and get disintegrated by a yet unmeasured fury (Mocha Lattes, The Snow! The Hand Holding Apocalypse!). Abruptly, A Perfect Day reinvents his own genre through post-rock tones while allowing his sounds to breathe, getting rid of his heavy burden (Leggings, Beanies & Tumblr, Scene Hairr) before exploring unprevious, stupefying electro moods (We’ve Never Met (I Still Love You)). It seems the musician wants to inject his melancholy into new artificial and dead organs to give birth to them, get impregnated by them. Vocals, first screamed and incredibly rough, tearing veins and flesh apart, are replaced by a quiet, simple and repressed way of singing.

Calm comes after the storm, traveling through unknown, dark ambient and always close to the edge echoes (Maddie Knows Best). Safely keeping the black language that is contained in his work, the composer is inviting us to discover new, unimagined and daring musical marks (Blizzard, Skype Calls Until 2 A.M.). His original way of expressing himself is multiple and finds a new start in 90’s indus waves, erasing footsteps in the snow and leaving us lost in the middle of inscrutable climates (You, Peppermint Sweet). Discovering machines, A Perfect Day gets free and explores necessary but never-guessed-before backups. Human nature appears to be as cloned as cold, deconstructed and built again on robotic-generated assembly lines where everything goes wrong, where accessories are independent from each other and fight against their creators. Metal is liquefied and penetrates bones and spines, taking apart every trace of intelligence and reason from creatures which souls are now off. Instead of simply being a reflection of the past, the LP is a look at the future and tells us about its creator’s ambition: going to find insanitary moments in electronics, bringing so-called optimistic messages to us and hiding anthrax which will contaminate our minds in them.

The Snow! The Hand Holding Apocalypse! is not only a surprise in A Perfect Day‘s promising career; it is a fundamental basis as well as a matured, risky LP.

Raphaël DUPREZ

http://aperfectday.bandcamp.com/album/the-snow-the-hand-holding-apocalypse

 

 

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