Lago – Enduro EP (2013, auto-production/ self-produced)

Lago – Enduro EP (2013, auto-production/ self-produced)

Image

Cruel dilemme, parfois, de vouloir écrire sur des musiciens alors qu’on ne dispose que de deux titres et deux remixes. Comment faire, quand l’envie est là, pour prouver que l’écoute est indispensable? Comme pour chaque article, tout vient des artistes eux-mêmes; sans eux, rien ne pourrait exister. Cette profession de foi trouve toute sa dimension grâce à Enduro, que l’on doit au duo parisien Lago. En effet, avec seulement quatre chansons, ils parviennent à donner vie à un univers aussi intéressant que mûrement réfléchi, dans lequel rien n’est laissé au hasard, aussi bien en termes d’écriture que de réinterprétations. Ce qui fait de cet EP une formidable carte de visite à découvrir d’urgence.

Les créations originales révèlent à elles seules de véritables dons d’arrangement et d’orchestration. Entre les sonorités folk, presque bossa de Trigger, formidable évolution perpétuelle tout en douceur et mélodie, et les intonations sud-américaines de Fountain Of Youth, Lago se promène avec une aisance confondante au-delà des frontières de l’harmonie. Ornant des chants multiples de cordes sensibles et de choeurs retenus mais pourtant immédiatement présents et indispensables, ils préfèrent fouiller dans les vestiges de la pop, l’invitant au passage en présence de synthétiseurs d’un autre temps, d’un autre lieu. Ce même hommage paraît flagrant dans Trigger (Equateur Remix), rencontre impromptue entre Giorgio Moroder et Kraftwerk, dont les sons electro nous emmènent loin en arrière. Complétant à la perfection le discours musical auquel on est immédiatement introduit, il permet également de le valoriser, de prouver l’originalité merveilleuse des deux inédits précédents, simplifiant la démarche pour mieux prouver la complexité des oeuvres constituant l’ensemble. Trigger (Alan Gay Remix), quant à lui, ouvre des horizons nouveaux, entraînant la chanson originale sur des terres anglo-saxonnes plus actuelles, atmosphériques et minimalistes, pratiquement indus dans sa partie finale. Une démonstration supplémentaire de la qualité des choix artistiques du duo.

En seulement quinze minutes, Lago démontre un potentiel immense, brassant les influences comme autant de champs des possibles, de base fondatrices d’une oeuvre en perpétuel devenir. On passe de Charlie Winston à Elbow en un clin d’oeil, on explore des terres inconnues à la recherche de cette fameuse fontaine de jouvence, à laquelle on boit pour être capable, éternellement, d’intégrer l’évolution humaine à des mélodies immédiatement identifiables mais beaucoup plus subtiles qu’elles n’y paraissent. En dissimulant leurs pierres précieuses dans des sons plus francs, les musiciens nous invitent à une découverte active et consciencieuse de leurs titres, à une attention de tous les instants. Entre incursion directe dans l’âme et appel à la concentration, Enduro est autant immédiat que doucement fascinant, motivant à de nombreuses écoutes pour lesquelles l’auditeur se doit d’accorder le temps nécessaire à la quête de cette vérité qui saute aux yeux, mais sans que l’on sache tout de suite pourquoi. Elle est semée d’énigmes, de secrets, de trappes mystérieuses qu’il convient d’ouvrir, une à une, pour y pénétrer, à la lueur d’une lampe à pétrole, et observer les peintures que le temps n’a pas effacées sur les murs de pierre de cet édifice souterrain.

Enduro est un parfait mélange de genres, intelligent et efficace. On attend la suite avec beaucoup d’impatience.

Raphaël DUPREZ

https://www.facebook.com/iamlago

 

Sometimes, it is so hard to write about musicians when there are only two songs and two remixes given to illustrate their purpose. Then, what it the best way to do it in order to demonstrate that listening to them is primordial? As for each article, everything comes from the artists, and only them; without their work, nothing would exist. Such an example perfectly stands for Paris-based band Lago’s EP, Enduro. Thus, with only four songs, they aim to bring an interesting and amazingly well-thought musical body to life, where nothing is pointless in singing and performance. Which means, this collection of songs has to urgently be discovered.

Both original songs reveal true gifts in arranging and orchestrating music. Oscillating between folk, almost bossa tones (Trigger) to stand for a formidable, perpetual soft and harmony evolution, and South-American sounds (Fountain Of Youth), Lago members easily go far away from the frontiers of their own tunes. Decorating their tracks with numerous voices, sensitive strings and an immediately catchy, quiet and essential choir, they dig deep into pop music, invoking it through ageless keyboards. Such a tribute is valued in Trigger (Equateur Remix), an incredible, secret meeting between Giorgio Moroder and Kraftwerk, where electro sounds take us back in old times. Perfectly complementing the band’s musical speech to which every listener is introduced, it also amplifies and exhibits the marvelous originality of the main tracks, simplifying them to introduce us to their inner complexity. Trigger (Alan Gay Remix) opens us to brand new horizons, taking the base song to actual, ethereal and minimal English tones and going to industrial soundscapes in the end. This is another proof of the band’s quality in choosing artistic support.

In fifteen minutes, Lago show their huge potential, mixing influences in every possible way, building the foundations of a perpetually evolving music. One goes from Charlie Winston to Elbow in a glimpse, exploring unknown lands to find the Fountain of Eternal Youth and drink to be able to eternally penetrate mankind’s origins with immediate and quite subtle melodies. Hiding their pearls and treasures under frank and rough sounds, they invite us to actively and deeply discover their art while intensely focusing on it. Sometimes being a straight travel to the soul and its stronger intelligence, sometimes softly fascinating, Enduro is a straight-to-the-heart, motivating EP where we all have to take the time we need to listen to it again and again and find, through a necessary concentration, the shining truth of it, the secret under mysterious traps that one has to thwart one by one and enter into, enlightening its cave with a petroleum lamp, where primitive pictures are hand-painted on the walls and that time has not erased while protecting them in this subterranean human miracle.

Enduro is a perfect, clever and efficient mix of genres. One is impatiently expecting what is next from Lago.

Raphaël DUPREZ

https://www.facebook.com/iamlago

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s