Iskald – Nedom Og Nord (2014, Indie Recordings)

Iskald – Nedom Og Nord (2014, Indie Recordings)

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On connaît déjà de nombreux albums de black metal composés par une seule et même personne. Il suffit de penser à Diabolical Masquerade dans les années 1990, ou plus récemment Alcest et la carrière internationale qui s’ouvre devant lui. Ce qui effraie au premier abord lorsque l’on parle d’un « one-man band », c’est la possibilité de varier la musique qui va être exposée, la capacité à diversifier un style dans lequel beaucoup se sont perdus, soit par mégalomanie, soit tout simplement par manque de talent. Simon Larsen, alias Iskald, rentre dans la première catégorie; voire la dépasse totalement, tant la puissance et la complexité de Nedom Og Nord forcent le respect, allant d’envolées fortes et démesurées à des moments d’intimisme osés mais absolument efficaces et troublants. Un chef-d’oeuvre, sans conteste.

Ancré dans le genre norvégien et nous ramenant aussi bien aux grandes heures d’Emperor (Underworldly) qu’aux premiers balbutiements pré-egocentriques de Dimmu Borgir, période For All Tid et Puritanical Euphoric Misanthropia (The Silence), Iskald entre de plain pied dans la fureur froide et profonde du black metal, dans les ténèbres qui ont vues sa naissance, tout en misant sur une production à la hauteur de ses ambitions, aidé pour y parvenir par la présence à la batterie de Aage André Krekling. Ce dernier adapte parfaitement sa maîtrise technique sur des accords magnifiques, amples et poignants au possible, délaissant les simples power chords pour accueillir un sens de la mélodie dont l’acuité achève de fasciner l’auditeur face à une telle prouesse harmonique désespérée et en même temps incroyablement triste et lumineuse. Ralentissant le tempo afin de laisser ces plages embrumées et grandioses respirer, faisant même intervenir une guitare acoustique remarquable de vérité (Iskald), Simon Larsen prend le temps de caresser d’une main rugueuse et volontaire les contours des corps glacés et lisses de sa musique, menant cette dernière vers une apothéose sonore touchant au sublime et à l’extase (Nidingsdad). Le tourment et le brouillard se font alors les protecteurs de l’auditeur, que les ultimes accords de Nedom Og Nord laissent sans voix, exsangue et perdu.

Nedom Og Nord est monumental autant que proche de l’âme humaine. Evoluant perpétuellement dans les limbes obscures de l’hiver, l’album est un hommage fier et prononcé à la Norvège natale de ses créateurs. Pas à ce que l’on en connaît déjà, socialement et musicalement; tout simplement, une succession de six peintures dantesques, fantastiques et détaillées de déserts glacés, de forêts noires et intrigantes, de lieux solitaires où il fait bon s’enfermer pour retrouver son identité. Loin d’être une carte postale démodée et jaunie de paysages artistiques déjà vus à de multiples reprises, le disque montre enfin un visage méconnu du pays nordique, un mélange dense et novateur de chagrin et de désir, de force et de mesure. Dissimulant des arrangements mettant en valeur chacun des titres (choeurs, soli de guitare), Iskald parle une langue enfin libre, un idiome qui lui est propre et démontre un retour aux origines ancestrales des valeurs du metal. Les cris deviennent déchirants, éprouvants et chargés d’émotions charnelles et spirituelles. Cette plongée dans l’abîme splendide, éclairé et intelligent du black metal est exceptionnelle, emprunte d’une histoire définitivement présente dans l’esprit de ses compositeurs et qu’il faut dorénavant révéler au grand jour afin de prouver que la Norvège n’est pas que le terrain d’un conflit pseudo-satanique, mais bel et bien un pays où neige et aurores boréales sont les maîtresses d’une colère inhérente mais incroyablement salvatrice.

Nedom Og Nord est une référence qui ne va pas être surpassée de sitôt. Absolument indispensable.

Raphaël DUPREZ

http://www.iskald.com

 

One already knows a lot of things about black metal albums that have been composed by one single person. Let us think of Diabolical Masquerade in the 1990’s or, more recently, Alcest and his forecoming international career. What is the most frightening when it is about a one-man band is the ability for the main creator to diversify an overexposed music and improve a particular genre where many got lost before, either because of their megalomania, or, more simply, because of an obvious lack of talent. Simon Larsen, aka. Iskald, is part of the first category, and goes far beyond it, as Nedom Og Nord’s inner strength and complexity inspires nothing else but respect, starting with powerful and unmeasured moments to travel through daring intimate but absolutely efficient and troubling instants. Thus, it is, without a doubt, a masterpiece.

Deeply influenced by Norwegian bands like Emperor (Underwordly) or the first albums from now-selfish and out-of-control band Dimmu Borgir (The Silence, reminding us of For All Tid and Puritanical Euphoric Misanthropia), Iskald goes straight forward into the cold and mesmerizing wrath of black metal, into darkness where this style is born, by mixing his whole record in a perfect and intelligent production, getting a great help from drummer Aage André Krekling. The percussionist’s gift and technique amazingly fit in magnificent, echoing and moving tones abandoning simple power chords to perform and prove an absolute sense of melody which acuity immediately fascinates each listener who is confronted to such a despaired but remarkably sad and enlightened prowess. Slowing the tempo down to allow these foggy and grand soundwaves to breathe, also introducing a truly unexpected acoustic guitar (Iskald), Simon Larsen takes his time to caress the shapes of icy and sweet musical bodies with a rough and motivated hand, leading them to a harmony apotheosis close to sublime and ecstasy (Nidingsdad). Torment and mist are then invoked to protect each one of us, as the last tunes on Nedom Og Nord leave us speechless, bloodless and lost.

Nedom Og Nord is monumental as well as close to the human soul. Perpetually evolving in the obscure limbs of winter, this record is a proud and fierce testimony of the composer’s native Norway. Not what everybody knows about it, socially and musically; simply, an exhibition of six majestic, detailed and fantastic paintings on which one can admire frozen lands, black and intriguing forests, or lonely places where one only wants to go and be confronted to oneself, alone. Far from being a simple old-fashioned postcard of well-known artistic countries, the record finally shows an unknown side of the Northern soils, an intense and brand new unity in despair and desire, strength and equality. Hiding valuing arrangements in every track (choir, guitar solos), Iskald is free to speak his tongue, his proper idiom exposing a way back to ancestral and original metal values. Screams tear up the grounds, improving and loading carnal and spiritual entities with emotion. Such a dive into the splendid, smart and enlightened abyss of black metal is exceptional, talking about an everlasting history that both artists safely keep in their own minds before revealing it in front of our eyes, in order to show that Norway in not only a land of so-called Satanist conflicts, but an impressive universe where snow and aurora borealis stand for a completely inherent but saving fury.

Nedom Og Nord is an absolutely essential musical reference that no one will easily overwhelm.

Raphaël DUPREZ

http://www.iskald.com

 

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