Indian – From All Purity (2014, Relapse Records)

Indian – From All Purity (2014, Relapse Records)

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Noir comme les verrous des portes de l’Enfer. Pesant comme le métal rouillé d’une charrue plantée dans le sol et tirée péniblement par les spectres décharnés de terres sales et craquelées par la sécheresse. L’âme en lambeaux, les membres atrophiés et le regard vide, Indian avance inexorablement vers nous, effrayant, ténébreux, fantomatique. From All Purity est un summum de l’oppression, du bruit et de la fureur, de la haine humaine dans ce qu’elle a de plus viscéral et intestinal. En un mot, un futur classique immortel de la fin de l’existence, de son désespoir conduisant à la haine, des nuages sombres envahissant le ciel avant qu’une pluie de sang vienne irriguer des paysages empoisonnés par la violence et l’idiocratie.

Balançant des riffs lourds et chargés de larsens putrides et insalubres (Rape, Clarify), le groupe fouille dans les entrailles des cadavres du doom et de la noisy, saturant les sons avec un plaisir vicieux et éprouvant, détruisant chaque mélodie avec l’habileté d’un chirurgien que la folie a rendu incontrôlable. Diluant alors des bruits étranges et terriblement dérangeants (The Impetus Bleeds), From All Purity macère dans dans les effluves et bouillons crasseux du malsain et du malaise. On creuse une tombe que des corps en décomposition occupent d’ores et déjà, on tranche les crânes et colonnes vertébrales avec une puissance et une envie de destruction totale, un plaisir sadique qui conduit au désir immuable de faire saigner nos yeux et nos oreilles. Le drone, sous-jacent dans les chansons noires et visqueuses de l’album, prend toute sa dimension tragique et retournant l’estomac au travers d’un Directional aussi percutant qu’une voiture lancée à pleine vitesse sur une victime dont les os se brisent lors du choc inexorable qui l’attend. Et la douleur se propage éternellement, comme une condamnation et une malédiction portées par les accords effrénés de Rhetoric Of No et conclues dans les recoins les plus opaques de Disambiguation, achevant de plonger l’auditeur dans un cauchemar éveillé où ce dernier se roule encore et encore, emporté par l’élan funèbre de ces hymnes barbares et fascinants.

Les cris de rage et de désespoir de Dylan O’Toole et Will Lindsay appellent à la révolte, à la vision horrible mais nécessaire d’un monde irrémédiablement tourné vers le mal et contre lequel il faut lutter. Se venger, grandir, laisser la violence s’immiscer pour mieux la combattre. Indian prend les armes et les esprits, les compressant dans un étau de douleur avant de les fondre pour forger de nouveaux outils prêts à frapper. On creuse profondément les tombes du metal pour l’enterrer et le laisser renaître, vigoureux et revanchard, prêt à tout saccager sur son passage. Avançant comme une artillerie lourde et sans compromis, le disque marque le pas traînant mais volontaire d’une foule humaine qui compte bien reprendre ses droits sur l’ignorance et la passivité. Constat déprimant autant que table des lois nouvelle et inattendue, From All Purity nettoie les cerveaux, élimine tout ce qui fait l’innocence pour ouvrir des yeux teintés de couleurs sombres et vides. Il ne reste plus qu’à secouer la tête, remettre ses pensées en place et partir sur ces nouvelles bases, chaque muscle baignant dans une huile noire et dévoré par les vers de la nouvelle chair, afin de châtier ceux qui nous ont mené vers cet état et retourner leurs armes contre eux.

Hypnotique et paralysant, cet album est une épreuve musicale hors du commun. Et plus que tout, un baptême du feu qui laissera ses brûlures à jamais gravées sur la peau.

Raphaël DUPREZ

http://www.indiandoom.com/

https://www.facebook.com/IndianDoom

 

As dark as the locks on the doors of Hell, as heavy as the rusted metal of a plow that rotting ghosts hardly pull on dirty and dry soils. As souls are lost, body parts are atrophied and looks are empty, Indian inexorably come to us, scary, black, almost transparent. From All Purity is a summit of oppression, noise and wrath; an example of human hatred in its most visceral and intestinal emptiness. In one word, it is an immortal classic about the end of times, as despair turns to fury and dark clouds in the sky pour blood to irrigate lands of violence and idiocracy.

While performing loud, putrid and insane overdriven riffs (Rape, Clarify), the band goes deep into the bowels of the corpses of doom metal and noisy tones, saturating sounds with a vicious and improved pleasure, destroying each melody as a dement and uncontrollable surgeon. Drowning into weird and disturbing artistic depths (The Impetus Bleeds), listening to From All Purity is like swimming in muddy waves of unhealthy diseases and unrest. One feels like digging a grave where putrefaction rules, where skulls and spines are turned to pieces with anger and an everlasting desire of destruction, a sadistic pleasure making our eyes and ears bleed. Drone waves are subjacent in each one of these hopeless and viscous tracks, and get their tragic and moving dimension on Directional, a percussive song that is like a car at full speed crushing into a dismembered body, as bones explode through an inexorable shock. Pain eternally spreads, as if we were all condemned or cursed, and reverberates in the frenzy harmony of Rhetoric Of No before ending on the opalescent song Disambiguation, taking us in a living nightmare where we evolve again and again as funerals, barbaric and fascinating hymns invite us to a mesmerizing danse macabre.

Dylan O’Toole and Will Lindsay’s screams of rage and despair are a call to revolt, a horrible though necessary vision of an evil world that has to be taken down. One has to take revenge, become mature, and let violence penetrate one’s soul to stand and fight. Indian are inviting us to get our weapons and prepare our souls, compressing them in a grip to build brand new swords and make things right. One deeply crawls in the tombs of metal music to be buried and born again, ready to rip every enemy on the way. Going on like a real artillery with no compromise, the record is an echo of every step of a human crowd ready to eradicate ignorance and passivity. It is a depressive summary as well as an unexpected law table. From All Purity is brainwashing each one of us, erasing all signs of joy and opening our dark and empty eyes to reality. One then only has to shake one’s head, talk some sense and leave on such original bases, as every muscle gets impregnated with black oil and devoured by worms hailing the new flesh to punish all those who have unfairly ruled the world, and show them their unforgivable sins.

As hypnotic as paralyzing, From All Purity is an uncommon trial, a baptism of fire burning our flesh and leaving eternal scars on our skins.

Raphaël DUPREZ

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