Benighted – Carnivore Sublime (2014, Season Of Mist)

Benighted – Carnivore Sublime (2014, Season Of Mist)

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Il se passe décidément, ces derniers temps, de belles choses bien brutales et réjouissantes en France. Une totale reconstruction du metal en général, et de ses formes les plus extrêmes en particulier. Le nouveau disque de Benighted est sauvage, débridé et violent comme il se doit, mais aussi étrangement complexe et, par-dessus tout, compréhensible. Taxer le groupe de grindcore est, là encore, totalement réducteur et faux, comme ces onze titres (nous évoquerons l’album lui-même et éviterons le CD bonus de l’édition limitée pour rester concentré sur les nouveaux morceaux) le prouvent parfaitement.

Le ton est donné dès l’introduction de X2Y et le cri primal qui y résonne et va vibrer tout au long du disque. A partir de là, on est précipité dans la débauche et la destruction musicale. Des sonorités heavy de Jekyll et Carnivore Sublime aux riffs explosifs et gentiment (?) death de Noise et Defiled Purity, le groupe démontre sa parfaite maîtrise de tous les genres réunis, mélange, triture, dissèque et recrache en plein visage, déflagration bruitiste qui éclate comme une grenade à fragmentation. Techniquement infaillibles et irréprochables, les onze hurlements de haine autopsiés tout au long de l’écoute laissent découvrir, avec une fascination presque morbide la part de l’auditeur, les organes instrumentaux donnant vie et chair à cette créature protéiforme et dévastatrice. Mais on est encore loin de la définition du choc, qui s’amplifie ailleurs.

Les vocaux chirurgicaux de l’entité sonore globale sont purement et simplement fascinants d’hétérogénéité, autant trash que death. Ils sont impeccablement lucides et proprement efficaces (Slaughter/ Suicide est un chef-d’oeuvre structurel qui va en laisser plus d’un sur le carreau). S’offrant les services de Niklas Kvarforth (le fascinant esprit dérangé de Shining) sur le malsain Spit, Benighted se joue également des arrangements classiques pour introduire insidieusement des sonorités totalement inédites: pleurs de bébé sur Experience Your Flesh, comptine achevant June And The Laconic Solstice, rythme sud-américain sur Carnivore Sublime, et même un titre en français imparable (Les Morsures du Cerbère). Des détails participant profondément à l’impact frénétique de cet album digne d’une opération sans anesthésie, douloureuse et vicieuse mais effroyablement délicieuse.

Benighted va encore plus loin sur ce nouveau coup de maître, déborde et ronge la peau et les muscles, dilate le cerveau jusqu’à briser la boîte crânienne de l’auditeur qui, c’est certain, va se frapper la tête contre les murs pour un bon moment; et le pire, c’est qu’on en redemande.

Raphaël DUPREZ

http://brutalbenighted.com/

https://www.facebook.com/brutalbenighted

Definitely, something brutal and heartening is actually happening in France; a global deconstruction of metal music in general and, more particularly, its extreme bases. French band Benighted’s new album is savage, crazy and violent, but also amazingly complex and, above all, curiously easy to understand. Admitting that they simply sound grindcore is absolutely wrong and restrictive, as the eleven tracks in this new record (one will not talk about the bonus CD to focus on brand new songs) perfectly prove it.

The atmosphere of the album is set straight through the intro of X2Y, as the primal scream of the singer is about to reverb in the whole LP. From this starting point, one is taken apart into debauchery and musical destruction. From the heavy sounds on Jekyll and Carnivore Sublime to explosive death riffs on Noise and Defiled Purity, the band exhibits its perfect art of mixing, manipulating, molesting and spitting out all noisy genres in a rough deflagration exploding like a hand grenade. Technically astonishing and faultless, these eleven shouts of hatred are dissected to let each one of us discover, with a morbid fascination, all instrumental organs bringing this protean and destructive creature to life. Though, one is still far from the original definition of a crucial shock, actually growing louder and louder.

Precise vocals laid on this global sound entity are purely and simply fascinating, heterogeneous trash and death-like influences. They are as clever as efficient (Slaughter/ Suicide is a masterpiece of multiple harmony structures which is about to leave many bands breathless). Getting help from Shining’s deranged and insane leader Niklas Kvarforth on Spit, Benighted plays with classical arrangements to insidiously introduce never-heard-before samples: a baby crying on Experience Your Flesh, a lullaby on June And The Laconic Solstice, a south-American rhythm on Carnivore Sublime, and even a French song (Les Morsures du Cerbère). These details have an ominous place in the frenzy effect that this record has on each listener; it is a surgical operation on a non-anesthetized victim, a painful and vicious but frightening and delicious moment in time.

Benighted goes further away with this new masterpiece and eat into one’s skin and muscles like rust and acid, thus expanding one’s brain until it breaks the cranium and leads to strike heads on the walls so the pain will stop (or won’t). And the worse thing is, one needs more and more of it, endlessly.

Raphaël DUPREZ

http://brutalbenighted.com/

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