Skies Falling – Skies Falling (2014, auto-production/ self-produced)

Skies Falling – Skies Falling (2014, auto-production/ self-produced)

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Tout commence par un rythme simple, un battement artificiel; un coeur robotique lent, pesant, orné de nappes synthétiques ambient superposées les unes sur les autres et qu’un bruit de vagues polluées par les rejets de la technologie vient pourtant bercer. Ces mêmes industries qui tendent vers les larsens effrayants et omniprésents de cet album de Skies Falling, alias Charles.b.White, compositeur canadien qui nous donne ici un premier disque à l’atmosphère tendue et délétère, menaçante et corrosive.

Saturations de guitares et boucles à l’envers (Cloud Collapse), sifflements aiguës et spatiaux (The Skies Fall), notes tenues jusqu’à la césure (Ascend: Air, Thick and Heavy)… Tout ici tend vers la distorsion, la conséquence apocalyptique mais pourtant sereine de ce qui semble être un avenir post-nucléaire, une terre brûlée par les flammes de la guerre. Skies Falling crée les sons comme on plante un couteau aiguisé et tranchant dans la gorge de l’adversaire. Une balle dans la tête qui ne tue pas et y résonne pour toujours. Et cette petite mort est un apaisement, un soulagement dans ce milieu sali par le progrès, que des mélodies insoupçonnées viennent laver des péchés de l’être (Ascend: Satellite). De l’espèce humaine, il ne reste que mutation et déformation, chaque possibilité de communiquer restant sans réponse (le message téléphonique dans Cloud Collapse).

Pourtant, alors que les cieux sont effectivement tombés sur un monde détruit et dont le noyau est sur le point d’imploser, le souvenir d’une terre pure demeure à l’écoute de ces sept titres. Ces images du vent dans les arbres, de la brume sur un lac perdu au fin fond des montagnes, du soleil perçant les branches. Jusqu’à ce que l’individu comprenne qu’il s’agit là de la vie qui le quitte, soulagement profond et libération totale; une montée au-delà des ténèbres couvrant maintenant le sol, les villes délabrées et perdues pour toujours. Lumineuse malgré ses attraits morcelés et nerveusement épuisants, la musique de Skies Falling laisse poindre un espoir inattendu, une respiration au-delà des nuages acides de la pollution ambiante (Ascend: All Eyes Up, Ascending!). L’envol, malgré des ailes souillées par les rejets de cheminées éternellement fumantes, devient alors possible et salvateur.

L’album de Skies Falling est une expérience intense, un voyage dans un monde vicié autant qu’attirant et lumineux. Accrochez-vous et savourez.

Raphaël DUPREZ

https://skiesfalling.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/MassDeconstruction

 

It all starts with a simple rhythm loop, echoing like an artificial, heavy heartbeat coming out of ambient synths sounds and noises of a polluted technological and industrial wave. These same factories created by men transmit ominous frightening and saturated signals that can be heard in Skies Falling’s (aka. Canadian composer Charles.b.White) first album, an amazing record of a tense and destroyed, menacing and corrosive atmosphere.

Overdrive guitars and reversed loops (Cloud Collapse), high and aerial whistles (The Skies Fall), tense tones (Ascend: Air, Thick and Heavy)… All here aims to distorted, apocalyptic but serene consequences of a possible post-nuke future, of a burning soil, of remnants of a war. Skies Falling creates sounds like sticking a sharp and cutting knife in everyone’s throat and ears, like a bullet in the head which doesn’t kill but is about to reverberate in one’s brain. And such a little death is a source of peace and relief in a visual and audio rotting universe, a polluted ground where sins are washed away by mesmerizing melodies (Ascend: Satellite). Mankind is now mutating and misshaped as all communications are down (as the phone message on Cloud Collapse proves it).

Nevertheless, while skies are really falling on a destroyed world waiting for its core to implode, remembrances of clean, pure lands and air can still be found through the 7 tracks of the album; images of the wind blowing through the trees, of the mist over a lost mountain lake, of the sun shining through the branches. Until each individual finally understands that life itself is over, in a last free and relieving movement. One goes far above a complete darkness covering Earth and forever lost cities of ruins. There is a light that remains in all these broken and anxiously exhausting musical moments as Skies Falling performs the tunes of unexpected hopes, of a saving breath through acid and condensed chemical clouds (Ascend: All Eyes Up, Ascending!). It is now possible to spread one’s oil-soiled wings and fly away between all smoky industrial chimneys to go straight upon this disappearing world then find salvation and rest.

Skies Falling‘s album is an intense experience, an amazing journey through viciated but shining and attractive worlds. Hang on and explore them all.

Raphaël DUPREZ

https://skiesfalling.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/MassDeconstruction

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