Russian Red – Agent Cooper (2014, Sony Music/ Octubre)

Russian Red – Agent Cooper (2014, Sony Music/ Octubre)

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Auréolée du succès de ses deux albums précédents, Lourdes Hernández revient en ce début d’année avec un troisième disque formidable et dépassant largement ses efforts précédents. Entamant un virage rock et pop sur la majorité des titres et soignant scrupuleusement ses arrangements dans un soin particulier apporté à chaque détail harmonique, l’artiste espagnole signe tout simplement un LP varié et au-delà de toute espérance.

Des boucles electro et synthés vintage de Michael P à la délicatesse folk-rock de Tim B, Russian Red explore toutes les facettes de la musique de ces trente dernières années, cherchant chaque support artistique propice à porter ses capacités aussi bien vocales qu’instrumentales. Envolées rock proches de The National (Casper, Anthony), ballade délicatement pop (Stevie J) ou titre à la limite du post-rock (Xabier et sa formidable montée finale), Agent Cooper se joue des limites imposées et traverse tous ces genres afin d’apporter à la chanteuse une liberté d’interprétation simplement phénoménale. Ni enfermé sur lui-même, ni calibré, l’album est un souffle nouveau et dépaysant, réservant son lot de surprises dès la première écoute. L’enfant est devenue adulte et transcende les frontières. Et se retrouve telle qu’elle était auparavant dans la folk délicieuse et doucereuse du remarquable Neruda, titre promis à devenir un classique immuable.

Fragile mais sûre d’elle, la voix de Lourdes Hernández nous rappelle aussi bien Natasha Khan (Bat For Lashes) que Sarah Barthel (Phantogram) dans ce besoin d’expression de tous les instants, cette urgence harmonique qui se doit, là encore, de monter toujours plus haut dans les sphères mélodiques du chant, voler de ses propres ailes en prenant des risques afin de prouver qu’elle est parfaitement capable de se dévoiler totalement. Elle contribue à apporter, par cette délicatesse inhérente, une ambiance très « Lynchienne » au disque (Neruda), tant et si bien qu’il ne manque aux chansons ici présentes (chacune étant un prénom) que Dale, en hommage à l’agent du FBI de la série Twin Peaks. Et, comme le démontre la pochette du LP, derrière la séduction se cache une défense musicale prête à attaquer et à partir en première ligne, sur le front de l’industrie artistique actuelle. Et d’en démordre avec ses propres armes.

Agent Cooper est grand, très grand; un condensé du meilleur des décennies passées, mais également un point de repère avant de s’orienter vers l’avenir.

Raphaël DUPREZ

http://www.russianred.es/uk

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Still crowned with glory thanks to both her previous albums, Spanish singer Lourdes Hernández is back again with a third amazing and overbalanced record. Starting a new era of rock and pop music on most of these brand new songs, and taking a scrupulous care of arrangements in order to value each harmony detail, the composer has simply created a hopeful and brilliant LP.

From electro loops and old-fashioned synths on Michael P to folk-rock sweetness on Tim B, Russian Red explores all sides of the music of the last 30 years, always seeking every artistic basis to value her vocal and instrumental talents. Sometimes close to The National’s rock tunes (Casper, Anthony) or delicate pop ballads (Stevie J), sometimes getting into post-rock (Xabier and its incredible last part), Agent Cooper goes further compulsory limits and through all genres that can help the singer feel free to perform her phenomenal songs. Neither closed on itself nor profiled to schedule, this album is a brand new and different melodic breath, always keeping its inner surprises so they can be discovered little by little. The child has become an adult with these incredible tracks; and she proves that she is still the same with the deliciously and delicately composed song Neruda, that she is perfectly able to create a classic hit.

Her fragile but self-assured voice stands close to Natasha Khan’s (Bat For Lashes) or Sarah Barthel’s (Phantogram), in an everlasting urge to always express moods and feelings through tunes and soundscapes by growing more and more to reach the highest spheres of singing, then spread her wings and take risks to show that she is amazingly ready to expose herself. Lourdes Hernández’s tones contain an inner ambience close to David Lynch’s universe (Neruda), so that one thinks one of the tracks should have been called Dale, in tribute to Twin Peaks’ FBI agent. Thus, as it can be seen on the album cover, a total melodic defense hides behind her seemingly seduction, as Russian Red is ready to charge and run on the front line of the actual music industry. And fight with her own weapons.

Agent Cooper is a fantastic tour-de-force, a summary of the past decades and a reference before heading to the future.

Raphaël DUPREZ

http://www.russianred.es/uk

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