Joy Valencia – Songs (2011-2014, auto-production/ self-produced)

Joy Valencia – Songs (2011-2014, auto-production/ self-produced)

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Il flotte, dans les chansons de Joy Valencia, comme un parfum d’éternité, d’un ailleurs indéfinissable et profond, d’un besoin de déambuler dans tous les mondes possibles afin de ne jamais être attendue ou reconnue. Elle a cette capacité à confondre et déstabiliser, passer d’une musique à une autre en ne gardant que cette faculté inhérente à chacune de ses chansons: l’hypnose, la contemplation d’un univers en spirale perpétuelle. Un Ouroboros sonore, spirituel et intérieur qui ne demande qu’à happer l’individu dans ses crochets et y injecter son venin, drogue envoûtante et anesthésiant les facultés motrices.

Ce qui frappe à l’écoute de ces titres enregistrés sur 3 ans et représentatifs de l’éternelle prise de risque de l’artiste, c’est cette insatiable envie de fouiller chaque style pour y puiser une source rafraîchissante de plaisirs nouveaux. Des sonorités délicates de la berceuse moderne Stars aux douceurs pop et big band de Babydoll, de la folk déjantée de Eraser Man au blues sensuel de Wallet, Joy Valencia dissimule des trésors mystérieux et en décalage avec l’origine harmonique de chaque oeuvre, métamorphosant radicalement chaque base artistique en emmenant les mélodies dans des lieux tout sauf communs. On croise des choeurs angéliques, des plages posées et détendues, des ambiances délicieuses et sucrées. Au fil du temps, la chanteuse cherche toujours plus à se démarquer, à s’élever au-dessus de ses propres talents de composition.

La cohérence de ces titres successifs, indéfinissable au premier abord, se révèle grâce à un fil conducteur pourtant lui aussi en constante évolution: la voix. Et elle est, elle aussi, fascinante car multiple, tantôt énergique, tantôt apaisée et douce. Entre humour et mélancolie, elle raconte ses histoires avec le sourire et les larmes, le regard et le coeur. Enfantine puis subitement adulte, elle devient symbolique de ce partage entre innocence et expérience, de ce regard éternellement tourné vers le rêve et la réalité, ou une femme-enfant peut croiser un prédateur imprévisible (le diptyque Babydoll/ Don’t Wake The Lion) sans pour autant qu’aucun des deux ne sorte victorieux du combat. Et cette magnifique amplitude d’émotions que l’artiste transmet par son chant est autant émouvante que communicative pour l’auditeur, autant profonde que réjouissante.

On souhaite plus que tout un album de Joy Valencia. Mais, d’ores et déjà, ces chansons sont à elles seules une collection superbe de son indubitable don de créatrice.

Raphaël DUPREZ

http://joyvalencia.com/

https://soundcloud.com/joyvalencia

 

Something weird is floating in Joy Valencia’s songs; something like a deep and unrecognizable scent of eternity, an immediate urge to travel through all musical worlds in order not to be considered as a single pop, or rock, or any kind of music representative. She has this particular ability to destabilize as well as lose herself (and ourselves at the same time), going from one melodic genre to another by keeping every original part of each one of them; a capacity to mesmerize every listener, and invite one to contemplate a perpetually rotating universe. Her songs are like a spiritual and inner Ouroboros, patiently waiting for the right moment to bite and inject its venom to bewitch and anesthetize its preys.

The most impressive part of these tracks (which have been recorded in the past 3 years) is an amazing way of proving that Joy Valencia always takes risks while digging each kind of songs to get their fresher and newest sources of pleasure. From the delicate sounds of a modern lullaby (Stars) to pop and big-band tunes on Babydoll, from crazy folk moods on Eraser Man to sensual blue notes on Wallet, the singer and songwriter enjoys hiding mysterious harmony treasures from their original style, radically turning them into astonishing artistic roots and chants. One can then hear angelic choirs, sweet and quiet moments, sugary and delicious atmospheres. Little by little, the artist tends to go further all limits, as well as her own manner of composing.

But the harmonization of these different tracks, which is not obvious in the first place, is revealed through a constantly evolving red thread: her voice, fascinating because of its multiplicity, energy, peace and softness. Oscillating between fun and melancholy, it helps the singer tell us stories of laughter and tears through her eyes and heart. Child-like then adult, her singing becomes a symbol of the artist’s inner frontier between innocence and experience, of an eternal look towards dream and reality, where a young girl can stand in front of an unpredictable predator (Babydoll/ Don’t Wake The Lion) without revealing which one of them is about to win. And such a magnificent emotional amplitude that Joy Valencia gives us thanks to her pieces of music is as moving as generously shared with her audience, as deeply felt as delightful.

Now, one is expecting a real long-length record from such a remarkable composer. Even if this particular collection of tunes already is a priceless gift.

Raphaël DUPREZ

http://joyvalencia.com/

https://soundcloud.com/joyvalencia

 

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