Cara Auratus – Songs (ReverbNation)

Cara Auratus – Songs (2014, ReverbNation)

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On aime tant ces voix qui nous replongent dans le passé, dans les temps anciens du jazz et du blues avec une émotion intense et un patrimoine qui font frémir de plaisir. On aime ces sonorités intemporelles, incomparables, qui ont inspiré les plus grands musiciens et réalisateurs. On aime ces chansons qui viennent du fond de l’âme, de l’essence de la musique américaine. On aime le témoignage que Cara Auratus porte à toutes ces influences, à tous ces vestiges de l’art mélodique de retranscrire les histoires du quotidien et de l’amour. Surtout grâce à un chant comme le sien.

Feutrée mais admirablement puissante, dans des tonalités graves et veloutées, Cara Auratus effeuille les chansons comme des fleurs délicates. Qu’elle soit uniquement accompagnée d’un piano (Willow Weep For Me, Weaver Of Dreams) ou d’un orchestre réduit à son strict minimum (Wet Night Dry Martini, Let’s Rendezvous), elle transporte chacun de nous dans les souvenirs ancestraux des premiers enregistrements du jazz, cette époque exceptionnelle lors de laquelle Bessie Smith enchantait chacun de sa voix embrumée par l’alcool et Ma Rainey s’unissait à Louis Armstrong pour posséder les foules intimes des clubs. Ces volutes, la chanteuse les porte dans sa voix, dans son expressivité indescriptible et bouleversante. Ce voile si particulier chargé de larmes et d’énergie, dans un langage précis et tout de velours vêtu. Et lorsqu’elle dialogue en concert avec une trompette sur le fabuleux Time After Time, l’émotion atteint un paroxysme quasiment religieux.

Ecouter les chansons de Cara Auratus, c’est voir le soir tomber, les lumières s’allumer dans les quartiers les plus obscurs et déserts des grandes villes américaines (Chicago en tête), chacun rentrer chez soi et, pour les plus téméraires, sortir dans les lieux secrets de la cité pour entendre des sonorités idéales et précieuses. C’est s’asseoir et la regarder sur scène, puis admirer une femme seule et essayer de la séduire, porté par la sensualité inhérente de la musique. C’est caresser le sublime comme on caresse un corps, une peau, du bout des doigts. C’est enfin, et immédiatement, tomber amoureux du timbre de l’artiste, qui éprend et embrasse doucement, du bout des lèvres, mais transporte dans un ailleurs qu’il ne nous a jamais été donné de découvrir. Et on se laisse faire, puis on titube en retournant, au petit matin, dans un foyer qui semble désespérément vide. En attendant le soir suivant pour revenir, encore et encore, rencontrer une autre femme, une autre fois.

Cara Auratus chante le jazz en lui donnant vie, chaque seconde, précieusement. Et l’émoi est profond, et imparable.

Raphaël DUPREZ

http://carasings.com/

http://www.reverbnation.com/caraauratus

We all like chants that are taking us deep into nostalgia and ancient but eternal times of jazz and blues, with a strong and intense emotion, or remembrances that always make us shiver. We all like these timeless and incomparable sounds that have inspired the greatest musicians and directors. We all like songs coming from the abyss of the soul, from the essence of American tunes. And, above all, we all like Cara Auratus’ testimony of all these multiple influences and remnants of melodic art that many people have used to talk about everyday life, and love; and, especially, when these stories are told with such an amazing voice.

As hushed as amazingly powerful, through velvet-like and low-registered tones, Cara Auratus removes the petals of every song she is picking. Sometimes only getting support from a single piano (Willow Weep For Me, Weaver Of Dreams), sometimes helped by a small orchestra (Wet Night Dry Martini, Let’s Rendezvous), she is taking every one of us to the ancestral memories of jazz’s first recordings, and to the exceptional moments when Bessie Smith was charming all men thanks to an alcohol-attractive voice, or when Ma Rainey and young Louis Armstrong were captivating the crowd in small bars and clubs. The artist lets us hear all these curls of sound through her own singing, her everlasting and deeply moving tunes. Her own way of performing all tracks is full of tears and energy, and brought to the light through a precise and sweet musical language. And, while she communicates with a solo trumpet on Time After Time, emotion becomes almost highly religious.

Listening to Cara Auratus’ songs is like seeing the night falling, lights shining in the darkest and most deserted streets of the greatest US cities (one thinks here of Chicago), watching people coming home or, for the fearless ones, going out into secrets places to listen to ideal and precious melodies. It is like sitting and watching her on stage, then admiring a lonely woman and trying to seduce her as music continues. It is like caressing a sublime body and skin with one’s fingertips. It is, at last, and immediately, like falling in love with the artist’s timbre which takes us and softly kisses us with its sensual lips, then leads us to a place where neither of us has ever been before. And we just have to go on, then come back in our own empty homes in the morning, staggering, waiting for the night to fall once more to go there another time, and another, and so on; to meet other girls and being mesmerized, one more time.

Cara Auratus admirably brings jazz and blues music to life, again and again. And such a talent is poignant and unanswerable.

Raphaël DUPREZ

http://carasings.com/

http://www.reverbnation.com/caraauratus

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