Lorn – Subconscious Metamorphosis (2013, I, Voidhanger Records)

Lorn – Subconscious Metamorphosis (2013, I, Voidhanger Records)

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Un marécage insalubre et nauséabond dans lequel chaque pas est une souffrance. Les jambes s’enfoncent dans la boue, la peur de ne pas arriver à destination est présente dans les esprits, seconde après seconde. Mais on avance, au milieu des branches mortes, des arbres dénudés et pétrifiés, alors que le temps semble s’être arrêté. Et là, tandis que la nuit tombe et amène avec elle son cortège de mauvais esprits, les maîtres du lieu apparaissent enfin. L’expérience peut commencer, Lorn en sera le guide et l’arbitre.

Le black metal du trio italien transparaît réellement dans le premier titre de ce nouvel album, Definitive Conjunction; mélange pesant de riffs dissonants et de dark ambient, c’est également l’unique titre chanté du disque, la voix hurlant violemment une haine contenue qui est sur le point d’exploser tout au long des neuf titres du disque. Car ce qui fait la force de Subconscious Metamorphosis, c’est cette capacité à créer une atmosphère noire et désespérée dans laquelle les ombres sont en mouvement constant, oppressantes et menaçantes. Et la peur se cache là où personne ne l’attend: dans la boucle electro et les larsens de Strident Orbits, dans les bruits et les chants féminins déstabilisants de Sidereal Synapsis, dans le triptyque désespéré Aeon Fears. Le point culminant de l’oeuvre, Primera Alma, pièce industrielle terrifiante et furieuse, rend à elle seule indispensable l’écoute du LP. Aucune lumière ne pénètre ici, la progression est de plus en plus profonde et inexorable. XXI, qui clôt l’album, est une souffrance finale rappelant le film Altitude, dans lequel un groupe de jeunes gens partis faire de l’avion se retrouvent pris par une tempête et poursuivis par une créature lovecraftienne, sans espoir de retour. Les ténèbres peuvent alors totalement se refermer.

Subconscious Metamorphosis est un choc pour la conscience et les sens. Elle met l’homme face à lui-même, face à son obscurité intérieure, à ses pulsions psychopathes, sexuelles et brutales. Elle oblige chacun à voir jusqu’où l’on peut aller dans la souffrance, aussi bien propre qu’infligée. L’album est malsain, glauque, collant à la peau comme une fange que l’on ne peut laver. Rarement un groupe aura été aussi loin dans l’exploration de la noirceur et la destitution de l’âme. Elle parvient à dépasser l’inquiétante étrangeté que le disque de Blut Aus Nord, The Mystical Beast of Rebellion, avait provoquée chez l’auditeur en mal de sensations fortes. Et l’on se surprend à vouloir creuser encore plus profondément, sous l’emprise totale de ce chef-d’oeuvre incroyablement malsain et nerveusement éprouvant. Son pouvoir de fascination morbide hypnotise et possède chacun, comme les branches d’arbres morts se refermant sur nous, le marais nous aspirant, la boue s’insinuant dans nos gorges et nos bronches, le souffle vital quittant nos corps éternellement.

Les fans d’electro avaient Ghost de Third Eye Foundation, pièce maîtresse de l’angoisse musicale. Aujourd’hui, Lorn atteint le même niveau de frayeur et d’étouffement grâce à cet album inclassable et immense. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus…

Raphaël DUPREZ

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Welcome to an unhealthy swamp where each step is a source of suffering. Legs sink in mud, the fear of not reaching the end of the trip is ominous, again and again. But we keep going on, walking among dead, petrified trees and branches, as time seems to have stopped. Then, while night is falling down and ghosts rise from their graves, the masters of ceremony approach. Lorn members are about to take us to the ultimate experience of the human soul, and they will be its leaders and judges.

The Italian band’s black metal music can be heard in the LP’s first track, Definitive Conjunction; a heavy mix of discordant guitar riffs and dark ambient sounds. It is also the only tune containing vocals, violently shouted and revealing fascinating inner violence and hatred that are about to explode through the other 8 instrumentals of the record. Because what strikes the most while listening to Subconscious Metamorphosis is the trio’s ability to create a dark and despaired atmosphere in which oppressive and menacing shadows are constantly moving. And fear is hiding where nobody expects it: in electro loops and larsens on Strident Orbits, noises and disturbing female vocals on Sidereal Synapsis, or on the unholy triptych Aeon Fears. The album’s peak, Primera Alma, is a terryfing and furious industrial tour-de-force proving that this record has to be heard by everyone. There is no light here, one goes inexorably deeper and deeper. Final track XXI is a never ending suffering reminding one of a movie called Altitude, telling the story of 5 people locked in a small plane while a storm is raging outside and who are chased by a lovecraftian monster. No hope for coming back. Darkness can thus close in on all of us.

Subconscious Metamorphosis is the ultimate test of human senses and soul. It is confronting us to ourselves, our blackest inner side, our psychopathic, sexual and brutal impulses. It forces us to improve our capacity to suffer and make others suffer. This LP is insane, shabby and gluing like a disgusting mud one cannot wash away. It goes far beyond weirdness and worry one could have felt while listening to Blut Aus Nord’s The Mystical Beast Of Rebellion. But, in spite of all these frightening nightmares and traumas, one needs to dig further into this wasted soil, absolutely captivated by such a crazy and nervously traumatic masterpiece. Its power of morbid fascination mesmerizes and possesses all listeners, like dead trees’ branches definitely covering us as we are sucked up by the living swamp, filth filling our mouths, throats and lungs and leaving us eternally breathless.

Electro fans consider Third Eye Foundation‘s album Ghost as the ultimate musical experience in madness. Now, Lorn reaches such a level of anguish and suffocation thanks to their unclassifiable and excellent new record. You have been warned…

Raphaël DUPREZ

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