Cibo Matto – Hotel Valentine (2014, Chimera Music)

Cibo Matto – Hotel Valentine (2014, Chimera Music)

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Le genre de scène qui, malheureusement, colle à la peau d’un groupe: « Viens ce soir, Buffy, il y a Cibo Matto. » Phrase extraite, vous vous en doutez, de la série américaine Buffy Contre Les Vampires, dans laquelle on découvrait ce groupe interprétant une chanson sensuelle et érotique (Sugar Water), assez osée pour ce genre de divertissement. L’intérêt et l’originalité du duo, par ces quelques secondes, germait déjà dans l’esprit du téléspectateur. Or, après de nombreux déboires et une séparation en 2001, les musiciennes d’origine japonaise reviennent avec Hotel Valentine, petite merveille de pop expérimentale qui fera, on l’espère, l’unanimité du fait de ses qualités irréprochables.

De l’énergie à revendre, il y en a à foison dans ce nouveau disque. Influences aussi bien funk (10th Floor Ghost Girl), rap et downtempo (on croirait un titre de Clouddead rencontrant une chanteuse noire américaine en écoutant Déjà Vu), trip-hop (MFN (Clean Version) ) ou ouvertement possédées par l’esprit de Depeche Mode (Empty Pool). Le groupe digère et recrache tous ces signes maladifs et mentalement perturbants, les organisant précisément dans une débauche apparente d’effets musicaux divers et étonnants. Il est certain que l’album va diviser, tant il va loin dans l’expérimentation et la conjonction des sons (cuivres, nappes de synthés brèves mais efficaces). Mais ce qui frappe le plus, c’est ce désir inhérent de mise en valeur, avant toute chose, de la voix: on a ici le sentiment que les parties chantées ont été enregistrées au préalable, puis habillées au fur et à mesure des tentatives et arrangements. Qu’il fallait avant tout mettre en avant le propos plutôt que le fond. Et la performance est concluante et superbe, autant qu’un succès indéniable.

Hotel Valentine est une cérémonie vaudou. Une nuit entière de rituels en tous genres, de prières en direction de dieux païens inconnus. Le tout dans un espace clos étouffant, moite et nébuleux: un hôtel immense dans lequel, à chaque étage, se déroulent des invocations purificatrices, des exorcismes nécessaires à la renaissance du groupe après ces longues années d’absence. On invoque ici les esprits comme les influences sonores, on flotte au-dessus de piscines vides, on libère l’âme de ses troubles. Et tout cela n’est pas sans douleur: il faut passer par une initiation musicale apparemment complexe mais soutenue et frappante. Une fois celle-ci accomplie, il ne reste plus à l’auditeur qu’à atteindre les dimensions parallèles dans lesquelles il a été propulsé par Cibo Matto, ces mondes invisibles que les drogues douces et hallucinogènes ont appelés, mais qui sont autant un confort inégalable qu’une révélation inévitable. La récompense est dans ce Check Out final superbe et imprévisible, point d’orgue d’une traversée spirituelle étonnante.

Hotel Valentine signe le retour du duo américain en grandes pompes; autant dire qu’elles ne risquent pas de quitter le devant de la scène de sitôt. Car, oui, on leur en demandera encore plus, suite à un album aussi addictif.

Raphaël DUPREZ

www.yeahbasicallycibomatto.com

https://www.facebook.com/OfficialCiboMatto

 

Fortunately or not, A TV series scene has the power to remind each one of us of a band: ‘Come on Buffy, Cibo Matto is playing tonight.’ Of course, each one of you recognized an extract from US show Buffy The Vampire Slayer, where the duet was performing a sensual and erotic song (Sugar Water) that took a particular place in the history of television. Thanks to these few seconds, one has immediately been interested in the women’s originality and potential. Sadly, many problems and a split back in 2001 had let us fear the worse. But the Japan-born musicians are back on track with their brand new album, Hotel Valentine, a perfect and marvelous experimental pop tour-de-force which, let us hope so, is about to be considered as a reference thanks to its irreproachable values.

The inner energy contained in this record is undeniable and influenced by funk (10th Floor Ghost Girl), rap and downtempo (one thinks of Anticon band Clouddead mixed with a black American singer while listening to Déjà Vu), trip-hop (MFN (Clean Version) ) or possessed by an obvious Depeche Mode mood (Empty Pool).The band ingests then throws all these pathological and mentally ill symptoms back, precisely arranging them thanks to astonishing and multiple musical effects. Surely, the LP will split fans, and the audience in general, so much it is going far into experiments and sounds conjuction (brass, brief but efficient synths waves). But what strikes the most here is the inner desire of the artists to primarily value their vocal parts: they seem to have been recorded before the music itself, then dressed up with tuning attempts and tones. This brand new approach thus was the only way to let words shine above all. And such a risky performance is finally highly conclusive, as well as a major success.

Hotel Valentine is a voodoo ceremony. An entire night full of multiple rituals and prayers to awaken ancient pagan gods. And all of this happens in a stifling, wet and nebulous place: a gigantic hotel where purifying incantations and exorcisms are necessary to give a second birth to the band after so many years away. Both members invoke spirits as well as sound influences: one is floating upon empty pools, each track freeing the soul from its sufferings. Though, all of this is painful: one has to take part of a complex, steady and violent rite of passage. Once it is done, each listener will be authorized to travel through parallel universes where Cibo Matto is taking him/ her, invisible worlds created by soft drug effects and where an incomparable comfort leads to a global revelation. It is now time to get one’s reward, given by the band in the shape of a final sweet and unpredictable song, Check Out, as a climax to this troubling and incredible spiritual quest each one of us has just felt deep inside.

Hotel Valentine ends up leading Cibo Matto back to the musical main frame; and  now that they are on the podium, they are not ready to leave it. Because all of us will ask for more of these addictive songs, over and over.

Raphaël DUPREZ

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