Troy Blackford – First There Wasn’t Then There Was (2014, publié à compte d’auteur/ self-published)

Troy Blackford – First There Wasn’t Then There Was (2014, publié à compte d’auteur/ self-published)

91iK07b9lKL._SL1500_

Curieux, parfois, comme certaines impulsions peuvent avoir des conséquences exceptionnelles. Par exemple: après avoir découvert le travail de Troy Blackford sur Internet, l’auteur de ces lignes, afin de découvrir ses écrits, a commandé un Kindle (investissement qui sera vite amorti) pour entrer dans l’univers de l’auteur. Et sans aucun regret à la lecture de cette nouvelle. Quant aux impulsions précitées, elles se révèlent aussi très présentes dans les cent pages de ce court roman captivant du début à la fin.

Quatre amis un peu paumés, travaillant dans le même bâtiment et geeks à leurs heures perdues, se retrouvent chaque jour aux mêmes heures dehors pour assouvir leur besoin de nicotine. C’est durant ces pauses qu’ils remarquent un homme, vêtu d’une tenue étrange (notamment un pantalon tâché de peinture) et déambulant avec un sac plastique à la main. L’ayant quelquefois approché, ils ont entendu l’inconnu parler tout seul d’une manière incompréhensible. Poussés par la curiosité, ils décident de dissimuler un dictaphone dans la poche de son manteau, afin de mieux en apprendre sur lui et ses divagations. Et, après avoir récupéré l’appareil, l’histoire qu’ils sont sur le point d’entendre les bouleversera à jamais.

La première évidence venant à l’esprit en finissant First There Wasn’t Then There Was est la suivante: pourquoi Troy Blackford n’est-il pas encore reconnu comme l’auteur qu’il est réellement? Sa manière d’écrire est captivante, continue, prenante et provoque chez le lecteur l’effet d’une drogue dont on ne peut plus se passer. Fluide et immédiate, sa plume coule doucement, intègre le suspense et les enjeux de manière subtile, toujours au bon moment, sans laisser de répit à quiconque. Cette sombre histoire racontée par l’étranger, ces souvenirs marquants qui sont les seuls qu’il lui reste, ces couleurs significatives tout au long de ses aventures, prennent une dimension artistique si importante qu’il est facile de les visualiser comme s’ils existaient vraiment, devant nos yeux. L’histoire, en plus d’être originale autant que phénoménale, explore des sujets et une intrigue encore inédits et admirablement mis en page.

Le caractère humain des protagonistes fait alors la force des événements surnaturels qui surviennent. Surtout l’un des principaux acteurs du drame tragique qui se déroule sous nos yeux; l’inconnu, celui que personne ne regarde et qui converse avec lui-même. Qui, en effet, n’a jamais croisé une personne dans la même situation et a préféré l’éviter, le croyant fou ou délirant? Ce simple fait quotidien prend ici une dimension poignante; celui que l’on croit psychologiquement malade car perdu dans ses propres monologues est finalement l’être qui a survécu, la victime qui est rejetée, mais surtout l’individu qui connaît une réalité humaine que personne n’est prêt à écouter. Il faut alors tendre l’oreille pour comprendre, et ne plus pouvoir se remettre de ce qui est révélé. L’autre que l’on considère comme inhumain devient alors le plus pur représentant de la vérité, celui sur lequel nos existences, par l’intermédiaire des épreuves terribles qu’il a traversées, vont dorénavant reposer. Et cet autre, c’est aussi la peur, que l’on doit affronter pour survivre. Troy Blackford a parfaitement compris ceci et mélange les tenants et aboutissants de son histoire pour nous emmener loin en nous-mêmes autant que dans cette fiction qui, à l’instar de l’enregistrement fait par les quatre témoins indirects, nous aidera à devenir différents, grandis.

Une nouvelle exceptionnelle, un auteur qui l’est tout autant. Il va donc falloir très vite découvrir ses autres oeuvres, le suivre et l’encourager, le soutenir. First There Wasn’t Then There Was vous transformera. Pour longtemps.

Raphaël DUPREZ

http://www.troyblackford.com/

 

It is sometimes weird how impulses can have amazing consequences. For instance: after discovering Troy Blackford’s work all through the Internet but never having read any of his novels, the one guy who is actually writing the words you are now reading has ordered a Kindle (quite a good investment indeed) to get into the US author’s world. And, well, no regret whatsoever while reading this particular novella. And, about impulses, the funny thing is, they are quite the same in this captivating and page-turning short story.

Four Minneapolis friends, all working in the same building and, when not at the office, assumed geeks, take the same breaks every day to have a smoke outside. During one of these precious outdoor nicotine inhalations, they see a strange man wearing uncommon clothes (including paint-covered pants) and walking with a plastic bag in his hand. As they have been close to him several times, they have noticed that he has apparently been talking to himself in an incomprehensible way. Too curious and intrigued, the four boys decide to hide a dictaphone in the man’s jacket pocket, in order to know more about him and his rantings. Getting the object back, they are about to hear a story they will never forget, and that will change their lives forever.

First thing that comes to mind while finishing reading First There Wasn’t Then There Was is: why on Earth is Troy Blackford not considered as the true storyteller he really is? His writing method is striking, obsessive, fluid and straight, as words flow slowly, immediately, and contribute to bring suspense and all that is at stake in a subtle, right and breathtaking manner. The dark story the stranger is telling, all these only memories he has left, the significant colors he has seen during his weird experience, go to a higher artistic level, one which is so obvious that all readers can perfectly figure out all the pictures he describes, as if they have been truly existing, right in front of their eyes. The scenario, original and phenomenal, is about never-read-before themes as well as an astonishingly written plot.

The characters’ human personalities are like a precious and continuous strength helping them survive the supernatural events which occur. Most of all, The Man could count on this inner power to endure the tragic drama he has been going through. He is the weirdo, the one nobody looks at and who is always talking to himself. And, to be honest, who has never met someone acting like him in the streets and believed he/ she was crazy or delusional, then gone the opposite way? Such a simple every day moment of life is the moving starting point of the novella; the one who looks insane or psychologically ill while speaking alone finally is the only human being who survived, the rejected victim, but above all, the single one on Earth who knows a worldwide truth nobody is ready to hear. One then has to carefully listen to the stranger, in order to understand and, therefore, change because of all that is revealed. Thus, the non-human social individual is the main representative of reality, the one who, through the intense and horrible events he has been through, will enlighten our lives. And this man is also a metaphor of fear itself, the same one we all have to fight to keep going on and survive. Troy Blackford has perfectly understood all of this, and mixes all the story’s whereabouts to take us further more into ourselves as much as in his work of fiction which, as the recording is about to disturb the four listeners in the novella, will help us become different, and wiser.

An incredible novella from an exceptional author.It is now time to read Troy Blackford‘s other books, follow him and encourage him. First There Wasn’t Then There Was will transform you. For a very long time.

Raphaël DUPREZ

http://www.troyblackford.com/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s