NO – El Prado (2014, Arts & Crafts)

NO – El Prado (2014, Arts & Crafts)

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Coup d’essai, coup de maître. Ce premier album des Américains de NO frappe fort et parvient à devenir, en l’espace de 13 titres fabuleux et diversifiés, l’un des groupes à suivre de très près en ce début d’année 2014. Parvenant à mélanger leurs influences de songwriting à un rock plus moderne, le travail des six membres de cette entité imparable est une surprise de taille et fascine grâce à ce El Prado puissant et mélancolique en diable.

Dès l’introduction de Leave The Door Wide Open, la musique énergique et intelligente du sextet s’expose sans fard et va directement à l’essentiel. Les amateurs des Editors seront ici heureux de constater que, alors que le groupe est passé totalement à côté de son dernier album, NO reprend le flambeau en y insufflant des arrangements somptueux. Alternant envolées de guitares mémorables (So Scared), élans 80’s (Monday) et ballades suaves et mélancoliques (Go Outside), ils créent une oeuvre hors norme et nostalgique qui provoque irrémédiablement l’adhésion. La voix de Bradley Hanan Carter frôle autant les tonalités de Paul Banks (Interpol) que celles, plus retenues et toujours au bord de l’implosion, de Matt Berninger (The National) sur The Long Haul, parsemant ses couplets et refrains de choeurs profonds et lumineux (Interlude).

NO met en valeur ses histoires sans lendemain, ses désirs de renaissance grâce à des arrangements discrets de claviers et de cordes. Les anecdotes personnelles et vécues servent, comme pour les meilleurs songwriters de l’histoire de la musique, de catalyseurs émotionnels autant que d’exutoires aux épreuves traversées en quelques années (il suffit de regarder la biographie du groupe pour s’en convaincre). Mais au-delà d’un simple constat de ce que la majorité pourrait considérer comme un échec, El Prado est une admirable et humaine porte de sortie vers la révélation et la libération du lourd fardeau de l’existence. Un véritable besoin de se donner entièrement à la musique pour respirer et repartir. Et force est de constater que l’album est parfait et révèle la dévotion complète de chacun de ses membres, tant l’ensemble est cohérent et impressionnant de maîtrise. Comme si, après avoir cassé leurs ongles sur l’écorce et vu l’extrémité de leurs doigts ensanglantée, ils pouvaient enfin, au prix d’efforts surhumains, goûter la sève de leur art.

El Prado ne peut être évité et reste une pièce maîtresse du rock actuel, émouvante et délicate autant qu’énergique et fascinante. Et ce serait un péché mortel de passer à côté.

Raphaël DUPREZ (un grand merci à Kasia)

http://noechopark.com/

https://www.facebook.com/NOLosAngeles

 

First attempt, and touchdown : US band NO’s long-length effort is as striking as about to become, thanks to its 13 fabulous tracks, one of the major records this year. Mixing modern rock music and art of songwriting, the work of each member from this incomparable entity is a huge surprise, so much as El Prado is fascinating, powerful and admirably melancholy.

Right from the intro of Leave The Door Wide Open, the sextet’s powerful and clever music is directly exposed, straight and natural. Fans of Editors will then be happy (or not) to see that, as this band is totally out of the game because of his latest album to date, NO takes up the torch and enlightens it with sumptuous schemes. Alternating memorable guitar increases (So Scared), 80’s rhythms (Monday) and sad sweet ballads (Go Outside), they create a timeless and nostalgic universe and immediately inspire a strong support. Bradly Hanan Carter’s vocals, soft then close to implosion, sometimes sound like Interpol‘s Paul Banks or The National‘s Matt Berninger on The Long Haul, scattering choruses and verses with deeply moving and radiant choirs (Interlude).

NO values its short-lived stories and desires to be born again thanks to discrete and beautiful synths and strings tones. Intimacy and real-life experiences are there used, like all famous songwriters do, to catalyse emotions and leave all the ordeals the band has gone through behind (one just has to read their bio on the Internet). But, far from only being a simple summary of what one could consider as a global failure, El Prado is a wonderful and deeply human way out to a pure revelation and freedom from the heavy burden of existence, a strong need to be devoted to music in order to breathe and start over. And, well, the album is absolutely perfect and always proves how much NO’s members are completely possessed by their performances and songs, so much the whole LP is coherent and perfectly controlled. All sounds as if, after breaking nails on rough barks and contemplating their bloody fingers, they could finally, after so many efforts, drink their pure melodies’ sap.

El Prado cannot be avoided and is one of the most incredibly moving and delicate, powerful and fascinating albums of actual rock music. Not listening to it would be an unforgivable sin.

Raphaël DUPREZ (special thanks to Kasia)

http://noechopark.com/

https://www.facebook.com/NOLosAngeles

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