Igor Gerzina – One Click World (2013, CD Baby)

Igor Gerzina – One Click World (2013, CD Baby)

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Genre malheureusement méconnu car facilement catalogué en tant que « musique facile », le smooth jazz est pourtant aussi intéressant que n’importe quel style contemporain, de la variété au hip-hop en passant par l’electro. Simple en apparence, il revêt parfois des atours variés et plus qu’intéressants, comme c’est le cas ici avec ce nouvel album du saxophoniste croate Igor Gerzina.

Dès l’échange saxophone-guitare (interprétée par Ante Gelo) de Amazing Everyday, le ton est donné, l’ambiance créée pour pouvoir être développée en allant toucher chaque facette de la musique instrumentale (voire vocale) dévouée à cet instrument à vent. Entre titres intrinsèquement smooth-jazz (Cocktail Time, Two Children), gentiment disco (Counting Stars, One Click World) ou totalement décontractés (Fandabbydozy (For Norrie), Can’t Stop The Train), l’univers musical d’Igor Gerzina (accompagné par une remarquable section rythmique, aussi bien vents qu’orgue) est exploré de fond en comble. Mais c’est surtout l’apothéose fusion jazz à la limite de l’expérimental qui fascine et surprend grâce au magnifique No Strings Attached, modèle d’harmonies intelligentes et de liberté créatrice totale renforcées par un passage délicatement electro imprévisible et salvateur. Citons également le seul titre vocal de l’album, Better Man, qui nous permet à nouveau de nous interroger sur le bien-fondé de la popularité mondiale de Daft Punk alors que, en l’espace de moins de quatre minutes, le saxophoniste prouve qu’ils n’ont rien inventé et dépasse largement le pénible Get Lucky. Parenthèse fermée.

On embarque donc dans une Cadillac mélodique racée et confortable, bercé par l’odeur des sièges en cuir, du cigare cubain, pour un périple dans les rues des plus grandes villes américaines, lors duquel on croise toutes ces individualités culturelles qui font la force de la musique d‘Igor Gerzina. Fenêtres légèrement ouvertes, les bruits et rythmes de la rue nous emportent et nous mènent, alors que la nuit tombe, dans un cabaret dont on admirera la revue et les femmes si belles et sophistiquées, avant de finir dans un club free-jazz, un verre de whisky à la main, accoudé au bar. Et c’est alors que l’on constate que ces simples moments de vie sont également les plus purs; qu’il est si facile, finalement, de trouver l’apaisement au travers de ces instants. Pourquoi, alors, ne pas se laisser porter?

One Click World est subtil et envoûtant, le saxophone d’Igor Gerzina symbolisant à lui seul tout un pan de la culture populaire outre-Atlantique et, dans une moindre mesure, européenne. Installez-vous confortablement et savourez.

Raphaël DUPREZ

http://www.igorgerzina.com/

 

Considered nowadays as an easy listening kind of music and, therefore, not well-known, smooth jazz yet is as interesting as any actual artistic genre, from mainstream to hip-hop and electro. Even if it sounds simple, it is sometimes full of passionate and various surprises, as Croatian saxophonist Igor Gerzina proves it with his brand new album.

From the first guitar (performed by Ante Gelo) and saxophon union on Amazing Everyday, the tone of the LP is set: the artist creates a mood ready to be developped by finding inspiration through every single element of instrumental (and vocal) music devoted to his brass instrument. Tracks then are sometimes smooth-jazz (Cocktail Time, Two Children), sometimes disco (Counting Stars, One Click World) or totally free-jazz (Fandabbydozy (For Norrie), Can’t Stop The Train); Igor Gerzina’s musical world (thanks also to a remarkable rhythm section, as well as brass and a quiet but beautiful organ) is explored from top to bottom. But all these tunes litteraly explode in the fascinating and unexpected fusion-jazz and nearly experimental No Strings Attached, a perfect example of clever harmonies and total unbounded composition, with a little help from unprevious and blessed electro arrangements. Moreover, let us talk about the only song from One Click World, Better Man, which is allowing one to ask about this: why on Earth does French band Daft Punk have a worldwide success thanks to their annoying Get Lucky-thing while, in less than four minutes, Igor Gerzina proves that they haven’t created anything original. Case is closed.

So, right now, it is time to get inside one’s classy and comfortable melodic Cadillac smelling of brand new leather seats and Cuban cigars, hit the road through all US’ biggest cities and meet all the ghosts of American popular culture, the same ones as Igor Gerzina’s strength in music. Open the car windows, listen to all noises and rhythms from the streets, and let us get to a cabaret as evening comes, admire the show and pretty girls, before ending the night in a jazz club, drinking a few glasses of whiskey at the bar. Then, one will understand how simple life is thanks to such precious times and that it is finally easy to calm down and have a break. Thus, let music do the rest.

One Click World is a subtle, mesmerizing album, and Igor Gerzina perfectly stands for one of the main pages in the American and European history of arts. So, relax and enjoy.

Raphaël DUPREZ

http://www.igorgerzina.com/

 

 

 

 

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