Alice Sweet Alice – Singles (2012-2013, auto-production/ self-produced)

Alice Sweet Alice – Singles (2012-2013, auto-production/ self-produced)

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Manipuler, distordre, ingurgiter, synthétiser, assimiler; certains seront surpris par l’utilisation d’un tel langage expérimental ici, surtout lorsqu’il s’agit d’écrire à propos d’Alice Sweet Alice, quatuor rock originaire de Kansas City. Pourtant, à l’écoute de ces 5 titres, il est évident que l’on s’approche de l’héroïne de l’excellent film éponyme de Alfred Sole sorti en 1976. Le rapport? Celui-ci est simple: là où, cinématographiquement, l’esprit humain est calculateur et déterminé, musicalement, le groupe, s’aventurant dans des chemins multiples et imprévisibles, l’est tout autant.

L’auditeur est ainsi invité à voyager dans les méandres de différents genres, symptomatiques du besoin psychique d’Alice Sweet Alice de soigner, par la musique, les effets principaux de la maladie créatrice. Entre sonorités irlandaises malmenées par des guitares débridées (Spiral – Ribbons & Stones), rock gothique très 80’s (on pense beaucoup à The Mission sur Blood Roses) et rencontre du hard rock et du rockabilly pour un mariage inattendu (Must Be Evil), les signes sont là, distinctifs et précis dans leurs pathologies. De même, les effets secondaires sont omniprésents: orgue dans Spiral – Ribbons & Stones, basse mathématique et échevelée dans Must Be Evil et Full Circle – Mandala, effets électroniques discrets et piano dans Blood Roses et Doesn’t Matter… Le flux sanguin des voix d’Ali Kat et Scott Martinez charrie son lot de virus mélodiques doux autant qu’intrusifs, possède son hôte, et se développe inexorablement dans le corps de l’auditeur.

On se rend compte finalement que la petite Alice n’est pas aussi sympathique qu’elle n’y paraît, mais qu’au contraire, elle est maligne. Elle se cache, observe, s’insinue dans l’âme et, plutôt que de rendre fou, s’immisce au plus profond des synapses cérébraux. Dès lors, sous cette emprise musicale, chacun ne trouve de remède que dans les harmonies intelligemment diverses et ciselées des chansons des Américains, jusqu’à ce que celles-ci deviennent une drogue entraînant l’inévitable dépendance. Si l’on veut se battre contre le mal actuel, il faut passer par toutes ces molécules artistiques cachées dans les recoins de chansons aussi profondes que rédemptrices, tant elles brassent des styles au premier abord inconciliables. Autant de masques à enlever pour savoir, enfin, qui se cache derrière. Comme pour le tueur du film, on navigue ici entre fascination et peur; mais on est captivé, on cherche à savoir, à découvrir, et à entendre à nouveau comme on désire revoir ces images sonores une seconde, puis une troisième, puis de multiples fois.

Alice Sweet Alice multiplie les figures sans qu’elles soient imposées; on va donc découvrir les deux premiers albums du groupe de ce pas, tant cela donne envie de replonger dans ces galeries de l’âme humaine.

Raphaël DUPREZ (merci à Scott Martinez)

http://www.alicesweetalice.com/

 

Manipulating, distorting, force-feeding, synthesizing, assimilating; one will surely ask why these particular scientific words are used here to describe Kansas City-based band Alice Sweet Alice‘s music. Well, it is obvious, as their songs remind one of Alfred Sole‘s eponymous movie (1976) and, of course, its main character (if you haven’t seen it yet, go for it now). So, basically, what is the connection between them? It is quite simple: while the film explores a calculating and determined human psyche, the band also goes through original and different genres to dig in each listener’s brain and operate like an amazing shock therapy.

One is then invited to a journey through many musical styles that are symptomatic of the quatuor’s psychic urge to cure, thanks to music, the process of creation and the way it has been badly contaminated through the years. Sometimes sounding Irish then hard rock (Spiral – Ribbons & Stones), sometimes 80’s Gothic rock (one thinks of The Mission while listening to Blood Roses) or energically rockabilly (Must Be Evil), the main signs distinctively, precisely and pathologically appear. Moreover, side effects are ominous: an organ on Spiral – Ribbons & Stones, an amazing and precise bass guitar on Must Be Evil and Full Circle – Mandala, electro effects and piano on Blood Roses and Doesn’t Matter… In such artistic veins, Ali Kat and Scott Martinez‘ vocals run like a melodic and intrusive blood flow, possess the host, and inexorably spread the virus to have each listener addicted to their songs.

Then, one finally understands that Little Alice (the movie character) is not as kind as she first seems to be, and this is what the band stands for: a perpetual fight against a malignant illness occurring in the actual so-called American rock music. Alice is hiding in dark places, watching, then penetrating one’s soul to annihilate it while altering brain synapses. So, the musicians are a vaccine erasing evil thanks to intelligent, complex and straight tunes acting like drugs in one’s body and making it as dependent to their songs as immune to a desperatly bad assimilation of the genre by uninteresting people. Aiming to this in order to rebel against these actual gaps and excesses, one has to perform brand new resounding tones, like all the sound molecules hiding in Alice Sweet Alice‘s deep redemption songs while mixing unexpected genres. They are like masks ready to be put off faces, so one will know who is hiding under. As for the film’s killer, the band’s music lies between fascination and obsession: ones need to endlessly understand, discover, and listen to it a first time, then again and again.

Alice Sweet Alice‘s songs are captivating and admirably clever. It is now time to go and hear their first albums, and go deeper into the meanders of the human soul.

Raphaël DUPREZ (special thanks to Scott Martinez)

http://www.alicesweetalice.com/

 

 

 

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