Fifi Rong – Wrong (2013, auto-production/ self-produced)

Fifi Rong – Wrong (2013, auto-production/ self-produced)

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La douceur et la beauté dans ce qu’elles ont de plus profond et aérien; c’est ce que l’artiste Fifi Rong, originaire de Pékin et résidente londonienne, donne à entendre avec ce premier album entièrement composé par ses soins. Et, en plus d’être impressionnant en termes de production et de mixage, il est splendide. Même si ce n’est pas assez pour décrire le sentiment ressenti en découvrant ces titres lunaires et intemporels.

La musique de Fifi Rong est spatiale, dans le sens où elle explore des territoires bien au-delà de la lumière terrestre et provoque chez l’auditeur ces visions célestes, sombres et parsemées d’étoiles. Sur des bases électroniques trip-hop, des basses profondes et des mélopées synthétiques envoûtantes, la chanteuse impose ses tonalités vocales délicates. Les chansons sont autant de planètes diverses ornées d’atours et de couleurs musicales étonnantes: tantôt reggae (Addicted to Water, Twisted), tantôt blues (Dreamy Eyes) ou asiatiques (Ever Rising Sun), elles fusent et s’illuminent comme une pluie d’étoiles filantes dans le ciel nocturne d’un soir d’été. On pense à Alpha autant qu’à Sol Seppy en parcourant ces délices sonores venus d’ailleurs, sombres, mélancoliques et confidentiels.

Sous de tels apparats, la voix s’emplit d’une innocence et d’une délicatesse bouleversantes au possible. Comment demeurer insensible à ces vocalises enfantines à la Alison Shaw (Cranes), tant elles sont fragiles, à ces contes à voix multiples fluides et en perpétuel mouvement, immortalisés encore plus profondément lorsque son chant d’origine transparaît (Cliff, Ever Rising Sun)? Elles poussent l’auditeur à vouloir réconforter l’artiste, la prendre dans ses bras, la rassurer; mais au lieu de se laisser prendre sous cette protection, Fifi Rong entame une danse des Sept Voiles, Salomé moderne, sensuelle et séductrice. Impossible de ne pas tomber immédiatement amoureux. Elle nous guide alors dans une galaxie lointaine, depuis laquelle on contemple la Terre sans désirer une seule seconde y retourner. En apesanteur, flottant dans le vide, la chaleur et l’apaisement à fleur de peau. Elle murmure à notre oreille et, finalement, c’est elle qui nous réconforte, malgré ses chagrins et ses histoires sans lendemain. Elle les vit et les partage, intensément, viscéralement.

Si l’univers a des frontières, Wrong les dépasse admirablement, allant toujours plus loin dans ce voyage vers l’impossible. Un coup de coeur autant qu’un coup au coeur.

Raphaël DUPREZ

http://www.fifirong.com/

 

Deep and aerial beauty and sweetness: this is what this album from Beijing-born now London-based musician Fifi Rong is all about, thanks to songs she has personaly composed, produced and arranged. And the result is a wonderful piece of art, even if ‘wonderful’ is very far from the truth.

Fifi Rong‘s music comes from outer space, exploring unknown territories, far from any terrestrial light and thus showing dark and glowing celestial seeings. Based on trip-hop foundations, heavy bass tunes and mesmerizing synthetic waves, the singer delicately, places her incredible and delicate voice, slowly, intensely. Songs are like multiple planets which attraction is as colourful as complex: sometimes reggae (Addicted to Water, Twisted), sometimes blues (Dreamy Eyes) or Asian-sounding (Ever Rising Sun), they seem to come from all sides and glow, turning into falling stars shining in a midsummer night sky. One thinks of Alpha or Sol Seppy while traveling through these unknown dark, melancholic and confidential landscapes.

Among such splendid ceremonial dresses, innocent and delicately moving-to-tears vocals rise and shine. How could anyone remain insensitive to the artist’s fragile childlike tones, close to Alison Shaw‘s (Cranes), while she tells us stories about perpetual movement and let us meet so many characters thanks to a myriad of voices, amazingly valued when she sings in her mother tongue (Cliff, Ever Rising Sun)? One then desires to take her into one’s arms, comfort her and tell her that everything will be allright; but, subtly, games change. The singer starts a fascinating Dance of the Seven Veils, moving like a modern, sensual and seductive Salome. No one then can resist her and instentely falls in love with her. From now on, she leads us into an unknown and faraway galaxy, where one sometimes turns back and contemplates the Earth without needing to go back. In weightless conditions, one feels like floating in an eternal, warm and skin-crawling emptiness. And when she whispers in one’s ear, she finally make one feel comfortable, reassuring in spite of her inner sadness and one-night stands. She intensely and visceraly lives, shares, and gives.

If the universe we know has frontiers, Wrong takes us far beyond them, straight to the impossible. Fifi Rong‘s music is a crush and, most of all, goes straight to heart.

Raphaël DUPREZ

http://www.fifirong.com/

 

 

 

 

 

 

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