Phantogram – Voices (2014, Republic Records)

Phantogram – Voices (2014, Republic Records)

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Second album pour les Américains de Phantogram, quatre ans après Eyelid Movies et plusieurs EPs; et autant le dire immédiatement, Voices restera longtemps gravé dans l’Histoire de la musique contemporaine, tant sa capacité à happer l’auditeur tout au long des 11 titres constituant ce second effort est immense. On ne ressort pas indemne de l’écoute de ces chansons magnifiques; rarement la musique électronique (mais également bien d’autres styles présents ici) aura été aussi immersive.

Le duo maîtrise toujours cette marque de fabrique si particulière, basée sur un art accompli du sample, du découpage mélodique. Les échantillons sonores, entêtants (ce qui est déjà une prouesse en soi) sont ajoutés les uns aux autres, mélangés afin de trouver la formule parfaite de cette alchimie musicale. Et au-delà des prémisses de ce genre entendus dans le précédent disque, l’équation prend sa pleine mesure ici: des premiers accords de Fall In Love à I Don’t Blame You, Phantogram se transforme en scientifiques des tonalités, testant encore et toujours jusqu’à obtenir l’antidote à la musique électronique répétitive et sans âme. Car c’est bien une âme que le LP possède, agrémentée des guitares toujours discrètes de Josh Carter ainsi que de nappes synthétiques poignantes et de basses profondes toujours proches de la saturation. Le groupe dépasse également sa propension à créer des rythmes complexes et étonnants (Howling At The Moon, Bad Dreams), confectionnant ces canevas explosifs et vibrants.

Sur de telles bases artistiques, la voix de Sarah Barthel devient encore plus sensuelle (Bill Murray); le travail accompli afin de valoriser le velours de son chant est immense, le groupe ayant corrigé les défauts mineurs de leur précédent effort. Les refrains sont diablement efficaces, les mélodies sont ciselées et peaufinées, parfois tendres, parfois colériques. Quant au timbre de Josh Carter, il suffit de résumer celui-ci grâce à un titre: Never Going Home qui, à lui seul, enterre définitivement le soit-disant révolutionnaire Reflektor d’Arcade Fire. Il parvient ainsi, en un peu plus de quatre minutes, à dépasser la musique pop. Il en va de même pour l’intégralité de Voices, se concluant par le poignant et étonnamment dépouillé autant qu’implosif My Only Friend, chef-d’oeuvre émouvant aux larmes.

L’electro, la pop et le rock ont trouvé leur maître en ce début d’année 2014; et ce sera très difficile de faire mieux. Il est temps de donner à Phantogram la pleine reconnaissance internationale qui lui est due. Inévitable.

Raphaël DUPREZ

At last, here is US band Phantogram‘s second album, finally out four years after their first LP Eyelid Movies (and several EPs); and let us go straight to the point: Voices will long be considered as an unforgettable moment in the History of modern music, as its inner ability to take one by the hand throughout the whole 11 songs on this CD is powerful and admirable. Nobody can escape unharmed from these fabulous tunes, so much electronic music here (as much as many other genres) is totally immersive.

The two Phantogram members still have a complete control of their so particular trademark, based on an accomplished art of sampling and melody division. Samples sound heady (which is already a miracle) and are piled up on one another, then mixed in order to find the perfect formula for musical alchemy. And, beyond their premises, which one could listen to in their previous LP, the equation is extremely well measured: from the first chords of Fall In Love and I Don’ t Blame You, Phantogram turn into sound scientists, always testing new elements in order to get the only antidote to repetitive and soulless electro music. Because yes, this LP has a soul, which is softly valued with Josh Carter’s always discrete guitars as well as poignant synthetic waves and deep low, yet almost drive bass. The band also goes far beyond its ability to create complex and astonishing rhythms (Howling At The Moon, Bad Dreams), creating an explosive and captivating ground for each song.

On such artistic bases, Sarah Barthel’s vocals become even more sensual (Bill Murray); the meticulous work which has been accomplished here to sew the velvet-like mattress for each melody proves that the band has taken time to correct the few minor imperfections from their previous album. Choruses are damn effective, tunes are engraved and polished, sometimes tender, sometimes hot-tempered. As for Josh Carter’s voice, let us summarize its power of seduction thanks to one particular song: Never Going Home, which definitively makes a fool of Arcade Fire’s so-called revolutionary LP Reflektor. He succeeds, in a bit more than four minutes, in changing the meaning of pop music. That can be said about the whole Voices album, ending with the poignant and surprisingly straight-to-the-bone as much as implosive song My Only Friend; a moving-to-tears masterpiece.

Electro, pop one and rock have a new king (and queen) in the beginning of 2014; and it will be very hard to do better. It is time to give Phantogram their true international importance and value. It seems inevitable now.

Raphaël DUPREZ

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