Carlo Gesualdo – Sacrae Cantiones, Liber Secundus (2013, Vocalconsort Berlin/ James Wood, Harmonia Mundi)

Carlo Gesualdo – Sacrae Cantiones, Liber Secundus (2013, Vocalconsort Berlin/ James Wood, Harmonia Mundi)

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Quoiqu’on en dise, le chant choral a toujours eu une importance prépondérante dans l’Histoire de la musique depuis des siècles. Sous de nombreuses formes, surtout classiques, jusqu’au XIXe, puis de manière plus moderne de nos jours. Et il continue de gagner ses lettres de noblesse par le biais des musiques de films (Le Seigneur des Anneaux), le metal extrême (Dimmu Borgir) mais également la télévision (TF1 et son émission Les 500 Choristes). Parler ici de cette oeuvre du compositeur italien méconnu Carlo Gesualdo (1566-1613) peut donc paraître pédant, mais ces Chants Sacrés, même si vieux de 400 ans, conservent une sonorité tellement actuelle qu’elle reste utile à mettre en valeur.

Le Second Livre des Sacrae Cantiones, publié pour la première fois en 1603, est composé pour une interprétation restreinte à 6 voix (7 dans le final). Le travail de restitution du VocalConsort Berlin, sous la direction de James Wood, est ici remarquable. Il parvient en effet à mettre en valeur le modernisme des mélodies et harmonies d’un compositeur se plaisant à entrecroiser les mélodies vocales par les formes du canon et du contrepoint, avec un thème pour chaque chanteur, rappelant ainsi la démarche de Thomas Tallis et son fabuleux Spem In Alium; le tumulte parfaitement contrôlé de l’ensemble apparaît ainsi comme un témoignage de la vie mouvementée de son créateur et de sa rédemption. Les vocaux sont parfaitement distincts les uns des autres, fluides et magnifiques. Ils retranscrivent impeccablement la liberté artistique prise par l’homme à l’encontre de la musique de la Renaissance, confiante de par le savoir-faire des interprètes qui réussissent le tour de force de recréer l’humanité poignante des arts du XVIe siècle.

La production est remarquable, chaque voix étant parfaitement séparée et audible, ce qui permet une totale immersion dans ce monde sacré et novateur pour l’époque. Le travail de reconstitution du musicologue James Wood prend ici tout son sens, apothéose d’années d’efforts (entamées par Igor Stravinsky) pour réhabiliter Carlo Gesualdo. Au-delà de la simple transcription littérale et sonore, un soin tout particulier a été donné à la reconstitution des Chants, autorisant un confort d’écoute peu commun pour ce genre de musique.

On découvre donc les Sacrae Cantiones pour la première fois dans leur intégralité; témoignage rare et précieux, il convient, par curiosité ou envie, de s’y immerger, tant leur impact est émouvant. Rappelez-vous: cette musique a plus de 400 ans…

Raphaël DUPREZ

Whatever people may say about it, choral singing has always had an important place in the History of Music for centuries. Taking many forms, especially its classical one, until 19th century, it is used as a modern language nowadays. And it keeps on being used through all kinds of shapes, from film scores (The Lord of the Rings) to extreme metal (Dimmu Borgir) and television. Thus, writing an article about Italian composer Carlo Gesualdo’s (1566-1613) can thus appear uninteresting, but these Sacrae Cantiones, 400 years after being composed, still sound so unaged that they have to be emphasized.

The Second Book of Sacrae Cantiones has first been published in 1603, and created to be performed by a 6-voices choir(7 in the final act). The restitution work of the VocalConsort Berlin, lead here by James Wood, is remarkable. All artists indeed manage to value the modernism of these tunes and harmonics, then testify for the composer’s pleasure to show a global interaction between all vocal themes only by using canon or counterpoint with a melody for each singer, which remind us of Thomas Tallis’ amazing Spem In Alium; the perfectly-tuned harmony tumult in this music is a way to artistically stand for Carlo Gesualdo’s stormy life and redemption. Vocals are perfectly distinct from one another, as fluid as splendid. They amazingly evoke the artistic freedom that the master has desired, opposite to the Renaissance genre. The performers’ perfect language thus succeeds in the amazing attempt to recreate the poignant humanity of Arts in the 16th century.

The mixing here is remarkable, as each voice is perfectly separated from the others; this allows an intense and immersive travel through this innovative work. Musicologist James Wood’s hard work to recreate it obviously finds its true meaning, reaching to an apotheosis of hard-working years and efforts (first taken care of by Igor Stravinsky) to rehabilitate Carlo Gesualdo’s creations. Far from only being a simple transcription, a very particular care has been given to give birth to the Sacrae Cantiones, then giving an entire and original quality of reception for this kind of music.

One thus entirely discovers these chants for the first time; they are a rare and invaluable testimony and, if you are curious or in need of listening to them, immersive, as their strong impact is moving. Always remember: this music is 400 years old…

Raphaël DUPREZ

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