An Evening With My Comatose Mother (USA, 2011, réalisé par/ directed by Jonathan Martin)

An Evening With My Comatose Mother (USA, 2011, réalisé par/ directed by Jonathan Martin)

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Nous avons déjà parlé du jeune réalisateur américain Jonathan Martin suite à la post-production de son nouveau film, Kiss The Devil In The Dark, et à son appel de fonds sur Kickstarter (article ici). Il devenait donc urgent, devant l’admiration suscitée par les premières images de ce futur long-métrage, de voir son premier essai, An Evening With My Comatose Mother. Ce qui fut dit fut fait et, décidément, l’impatience concernant le projet à venir est encore plus grande après le visionnage de ce court-métrage maîtrisé, drôle et magnifiquement bien filmé.

Le sujet de départ est assez basique: une baby-sitter (Wendy Macy) doit s’occuper, le soir d’Halloween, de la mère d’un riche couple invité à une soirée costumée. Ladite mère, âgée de 92 ans, est dans un état végétatif avancé et ne bouge plus guère de son lit, avec pour seule compagnie une poupée à visage de clown posée à ses côtés. Pourtant, la soirée apparemment tranquille de la jeune Dorothy va tourner au cauchemar, fruit de son imagination… ou peut-être pas finalement?

Jonathan Martin réalise ici un premier court-métrage incroyable, tant dans la forme que dans le fond. Chaque plan est travaillé et minutieusement préparé (bravo au directeur de la photographie, Devin Graham), alternant les tons bleutés de la nuit avec les rouges profonds et doux d’éclairages à la bougie et guirlandes diverses disséminées dans le décor immense de la maison. La caméra suit et épouse les pérégrinations de l’héroïne (les mouvements dans l’escalier, fluides et entraînants, sont splendides) et illustrent ses peurs en s’inclinant légèrement, comme au bord de l’abîme de la folie qui l’étreint. La musique, discrète, vient en support de cette démonstration visuelle sans occulter ce qui est montré ou suggéré. Pas de sursauts inutiles, mais une atmosphère permettant à la terreur de monter crescendo, les événements surnaturels s’installant peu à peu sans brusquement gâcher les frissons que cette ambiance autant douce que terrifiante parvient à créer.

Les personnages eux-mêmes évitent les clichés. Dorothy symbolise ici la parfaite baby-sitter américaine du slasher (débardeur moulant et short compris), mais le réalisateur dépasse cet a priori pour servir l’histoire elle-même, se moquant de ces lieux communs afin de mieux s’en défaire. La poupée à visage de clown, l’une des plus horriblement belles jamais vues sur un écran, ainsi que le garçon à la canne, nous ramènent aux univers de Silent Hill et Abandonnée de Nacho Cerda. Quant à la mère, elle témoigne autant de l’amour de Jonathan Martin pour Sam Raimi (quelques clins d’oeil apparaissent ici et là) que pour d’autres réalisateurs et auteurs comme William Friedkin et William Peter Blatty (un plan en particulier rend directement hommage à l’un des moments les plus marquants de L’Exorciste, La Suite). Le scénario avance subtilement et sans temps mort, captivant et unique. Et, plus qu’un simple court-métrage, An Evening With My Comatose Mother a tout d’un véritable film fantastique d’auteur confirmé.

Un essai parfait sur tous les plans. Un exemple pour chaque apprenti réalisateur. La suite (et, on l’espère, la confirmation) dans les semaines à venir!

Raphaël DUPREZ (un immense merci à Jonathan Martin et Chris Luker)

We have already spoken here about young American filmmaker Jonathan Martin and the post-production phase for his new film, Kiss The Devil In The Dark, and his call for crowd-funding to complete his work on the movie (you can read the article here). Thus, it was necessary, considering the beauty and power contained in all available pictures from his forecoming effort, to watch his first one, An Evening With My Comatose Mother. No sooner said than done and, definitely, impatience about the new project is even bigger after seeing this perfectly-controlled, funny and amazingly directed short film.

The story here is rather simple: on a Halloween evening, a baby-sitter (Wendy Macy) has to take care of a rich woman’s mother as she is invited to a party with her husband. The aforementioned 92-year-old mother is in deep coma, never moves from her bed, and lays there with the company of a clown-faced puppet. However, what first seems to be a quiet evening for young Dorothy is about to turn into a real nightmare, apparently out of her imagination… or maybe not?

Jonathan Martin directs an impressive first short film here, formerly and deeply. Each picture well-built and prepared (congratulations to Devin Graham, director of photography), going from deep-blue nightly tones to sweet but shining red candlelights and tinsel all over the house. The camera follows the main character’s adventures (long and slow movements in the stairs are amazing) and stand for its fears while slightly inclining, as Dorothy seems to stand at the edge of madness. A discrete musical score delicately helps this visual tour-de-force without occulting what is shown or suggested. No useless scare-jumps, only an atmosphere filled with growing terror as supernatural events occur little by little without abruptly wasting the shivers that this terrifying place is hiding.

Moreover, characters are far from being stereotyped. Dorothy stands for what looks like the perfect American baby-sitter out of a slasher movie (including tank top and shorty), but Jonathan Martin goes far above this futile idea by making fun and eradicating all those clichés. The clown-faced puppet, which is one of the scariest ever seen in a movie, as well as the boy with the stick, remind us of anguishing moments from videogame Silent Hill as much as Nacho Cerda’s movie The Abandoned. The mother character also testifies for the director’s artistic respect for Sam Raimi’s work (sometimes paying tribute to him thanks to a few direction choices) as for other directors and authors like William Friedkin and William Peter Blatty (a particular image in the film immediatly leads us to one of the most outstanding moments of Blatty’s The Exorcist III). The scenario is subtle and breathtaking, captivating and straight-to-the-point. Thus, more than only being a simple short film, An Evening With My Comatose Mother proves that Jonathan Martin has a talent which can easily be compared to his mentors’.

This movie is a perfect one all levels. It is an example for each newcoming director. To be followed (and, hopefully, to be confirmed) in a few weeks from now!

Raphaël DUPREZ (special thanks to Jonathan Martin and Chris Luker)

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