Snowbird – Moon (2014, Bella Union)

Snowbird – Moon (2014, Bella Union)

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Il faut l’avouer: à la première écoute, cet album déçoit. Du fait d’une apparente simplicité compte tenu des enjeux et des différents collaborateurs ayant participé à ce projet, on s’attendait à quelque chose de moins simpliste, de plus profond. Puis on le laisse de côté, en se disant pourtant qu’on est tenté d’y revenir. Une attraction difficile à expliquer, un sentiment d’inabouti. Et au terme d’une seconde considération, Moon révèle une complexité beaucoup plus impressionnante qu’au premier abord. Et ses charmes se dévoilent peu à peu, multiples et maîtrisés.

Bien sûr, on n’en attendait pas moins d’un album composé par l’ex-Cocteau Twins Simon Raymonde; la pop éthérée du compositeur est ici omniprésente, envoûtée par la voix de la chanteuse Américaine Stephanie Dosen, nous rappelant les rêves qui nous étreignaient au son de Liz Fraser; non, ce qui fait peur tout d’abord, c’est la présence physique de deux membres de Radiohead, Philip Selway et Ed O’Brien, ainsi que le Midlake Eric Pulido, qui sonnent étonnamment absents du disque. Mais au-delà, les influences ici sont multiples et bien construites; ce qui apparaît comme un singulier enchaînement de titres aériens et simplistes se révèle, écoute après écoute, scrupuleusement travaillé et diversifié. Comment rester insensible à ces voix se superposant les unes aux autres jusqu’à former un véritable choeur intime parfois amplifié par une delay hypnotisante? Comment ne pas relever ces délicats arrangements de batterie souple et guitares cachées derrière un piano complétant à chaque instant la performance vocale? On est amené à trouver, toujours plus, de nouvelles idées créatrices, de nouveaux arrangements incroyables et excellemment produits.

Un parfum d’érotisme autant que de cinématographie plane constamment sur les onze titres de Moon. Il est étrange de voir une telle musique révéler son atmosphère singulière lorsque l’on prend la peine de l’apprivoiser. C’est beau, voluptueux, confortable, et ces pièces artistiques font souvent frémir. Pour l’auditeur souhaitant cependant une entrée directe au coeur du sujet, les remixes de chaque titre par l’Américain RxGibbs sont ici pour illustrer le travail musical de Simon Raymonde et de ses acolytes; laissant la part belle aux instrumentations, les disséquant peu à peu, ces réinterprétations complètent à la perfection l’orfèvrerie qu’est le LP originel.

Au final, 22 titres nous replongeant dans les grandes heures du label 4AD, mais dépassant cette influence en laissant l’art lui-même reprendre ses droits et transcender son passé. Lumineux et dense. A écouter, tard le soir. Seul. Pour mieux le vivre et le partager dans un futur très proche.

Raphaël DUPREZ

Well, listening to Snowbird’s album Moon, first feeling that comes to mind is disappointment. Music here sounds quite simple; considering all challenges and various artists included in this project, one has been expecting something deeper and more complex. Then the LP is put somewhere on a piece of furniture, abandoned, though keeping a strange power of attraction. Hard to explain, as if something was waiting in silence, patiently. And after listening to it a second time, then a third, and then again and again, Moon reveals an impressive complexity which could not be found in the first place. And, little by little, all its beauty, diversity and multiplicity shine in front of our eyes.

Of course, one did not expect less for an album composed by ex-Cocteau Twins’ member Simon Raymonde; his ethereal pop music  is a huge part of it, and adopted here by US singer Stephanie Dosen’ vocals, reminding us of all the sweet dreams we made thanks to Liz Fraser; no, what is the most scary of all here, is the idea of collaborating with two members UK band Radiohead (Philip Selway and Ed O’Brien), as well as Midlake’s Eric Pulido, as their sounds never shine in front of the whole music. Though, influences here are as numerous as clever; what first appears to be a simple aerial and smooth suite is, little by little, an impressive work on every details. Nobody can remain insensitive while listening to these multiple vocals, gradually changing into a true intimate ensemble which sometimes is amplified with a hypnotizing delay effect. How not to hail these delicate drums and guitars arrangings, helping an omnipotent piano used there to value Stephanie Dosen’s performance? One is lead to find, more and more, creative ideas, as much as new incredible and excellently produced tunes.

A sweet perfume of eroticism and drama movies perfectly stand for the side effects of Moon’s eleven songs. It is strange to see how such a music can reveal its singular atmosphere when one takes time to understand and appreciate it. All here is beautiful, voluptuous, comfortable, and shivering. Though, if  someone needs a straighter way to immerse into the album, all 11 remixes created by American musician RxGibbs admirably illustrate Simon Raymonde’s musical work; valuing all instruments, dissecting them one by one, these reinterpretations are a clever view of the Herculean work in this music.

Finally, these 22 songs bring one back to the great times we all have had thanks to English label 4AD, but also exceed this major influence by letting art get its own rights and transcend the past. Moon is as luminous as intense. Listen to it, late at night. Alone. It will then be easier to share it and spread it to the world.

Raphaël DUPREZ

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