Catherine Russell – Bring It Back (2014, Jazz Village/ Harmonia Mundi)

Catherine Russell – Bring It Back (2014, Jazz Village/ Harmonia Mundi)

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Il est toujours agréable d’entendre, en ce troisième millénaire, une musique semblant revenue des grands moments du jazz et du blues des années 1950, tant cette période (et ces sonorités) semblent tomber de plus en plus en désuétude, ou se voir accaparés par une élite intellectuelle laissant peu de place au plaisir. Et c’est bien de plaisir qu’il s’agit ici, sur ce nouvel album de Catherine Russell; un retour aux sources du style magnifique et subtil.

Les treize titres constituant ce disque fabuleux oscillent toujours entre de nombreux genres, alternant de façon réfléchie pour ne pas lasser l’auditeur et le lover dans ces confortables circonvolutions mélodiques. Le dépouillement instrumental permet un langage de chacun; mention spéciale à la section de cuivres, remarquable d’interprétation et de soli savamment posés sur l’écrin de chacune des chansons. On voyage ainsi tant dans le blues (Bring It Back, Aged and Mellow, I Cover The Waterfront), le jazz (I’m Shootin’ High, You’ve Got Me Under Your Thumb) mais également le swing (You Got to Swing and Sway) et les frontières du blues-rock (The Darktown Strutter’s Ball). L’ensemble est intense autant qu’intime et se savoure comme un nectar musical noir-américain que l’âge n’a rendu que meilleur. Le nombre d’instruments réduit donne une valeur émotionnelle savoureuse, une atmosphère embrumée et mélancolique confortables et pénétrantes.

Le velours vocal de Catherine Russell n’a plus, dans de telles conditions, qu’à venir transcender ces tendres moments. Sensuelle, vibrante, suave et ne cherchant jamais à dépasser ses capacités afin de ne susciter que l’émotion brute, elle nous conte ces histoires d’amour, de passion mais aussi son humour (‘I like my men like I like my whiskey; aged and mellow’ sur le meilleur titre du LP, Aged and Mellow). La voix devient alors universelle, rappelant celle de la grande Virginia Liston, et transmet ce regard sur l’existence propre au jazz, cette fatalité autant que l’envie de ne pas s’y plier, de la vivre et la transmettre grâce à ces testaments artistiques éveillant la sensibilité de chacun.

On se laisse prendre par un tel album comme on se laisse hypnotiser par le blues; amoureusement, tendrement, viscéralement. Un plaisir à éprouver seul ou, dans le meilleur cas possible, en couple, un verre de vin à la main et des bougies tamisant le lieu charnel et passionnel. Divin.

Raphaël DUPREZ

In the beginning of the third millennium, it is always a pleasure to listen to music which reminds of the greatest moments in 1950’s jazz and blues history, as this particular one seems to be old and aged, or scrupulously kept secret by so-called musical experts. And yes, all here is pure and simple pleasure, Catherine Russell’s new LP is a comeback to the origins of both sweetness and beauty of this genre.

All 13 songs in the album go through many different kinds, in order not to get the listener bored and invite him/ her to travel through these comfortable melody convolutions. Each instrument finds its proper way of expressing itself; thus, congratulations to the brass intruments, clever and magnifically highlighting each tune through a strong basis and admirable solos. One is invited to travel through blues (Bring It Back, Aged and Mellow, I Cover The Waterfront), jazz (I’m Shootin’ High, You Got Me Under Your Thumb) but also swing (You Got to Swing and Sway) and blues-rock (The Darktown Strutter’s Ball). The unity here is as intense as intimate, a real pleasure which can be savored like a real nectar made of aged-but-sugary Black-American musical wine. These few instruments give emotional value to the album, as comfortable and deeply melancholic as insinuating and misty.

In these conditions, Catherine Russell’s vocal velvet only has to shine and transcend such moments of tenderness. Sensual, vibrating, delicate and never trying to go further its abilities in order to express pure and straight feelings, the singer talks about love stories, passion but also funny moments and thoughts (‘I like my men like I like my whiskey; aged and mellow’ on the best song on this  LP, Aged and Mellow). Vocals then sound universal, reminding us of the great singer Virginia Liston, and communicate their testimony of jazz music as it always has to be, telling us about fate and how to struggle against it, live through it and testify for love and emotion to transmit this artistic and sensitive language to the newest generations.

This blues album is as catchy as lovingly, tenderly and deeply hypnotizing; a pure pleasure to share, as much as possible, with your beloved one, while having a glass of wine and admiring smooth candlelights in a sensual and passionate moment. Divine.

Raphaël DUPREZ

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