This Quiet Dust – This Quiet Dust EP (2013, CATGANG Productions/ ELVMUSIC)

This Quiet Dust – This Quiet Dust EP (2013, CATGANG Productions/ ELVMUSIC)

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Retour sur l’un des projets les plus intrigants de l’année 2013. On connaissait Watine par l’intermédiaire de ses albums si travaillés, denses et profonds; la grande dame, dans cet opus du projet This Quiet Dust, vient là où on ne l’attend pas.

S’associant à Paul Levis (découvert notamment grâce au groupe Eleanor L. Vault) pour illustrer musicalement des textes de la poétesse américaine Emily Dickinson, Watine se met à nu. L’instrumentation est dépouillée, simple, limpide. Les illustrations sonores (bruit du vent dans un micro, pas dans un couloir) créent une proximité et une musique que l’on pourrait qualifier de chambre. Guitares acoustiques et violons (A Lonesome Glee) préparent à l’effet général produit par cet EP: l’exposition sans fard de thèmes et mélodies crus, francs, immédiats. On pense autant à Paul Simon (A Long Long Sleep) qu’à Damien Jurado (Further Than Arm Could Stretch) tant le mariage des compositions et genres définis en ces 7 titres est flagrant. La folk incisive de Paul Levis épouse les contours de la voix si émouvante de Watine, là où cette union (même si les deux musiciens jouent depuis plusieurs années ensemble) ne ressemblait qu’à un désir fort mais irréalisable.

Dans les détails et merveilles de This Quiet Dust, les chansons révèlent à chaque écoute de nouveaux chemins à suivre. Impression étonnante: il est impossible d’écouter le même titre deux fois de manière identique. Bandes à l’envers (les clochettes de l’intro de I Told My Soul To Sing), choeurs cachés, travail sur les parties vocales, rythmes discrets; le disque est autant direct qu’impénétrable au premier abord. On reconnaît ce qui fait le charme de la voix de la chanteuse, ces tons suaves et embrumés, mais la multiplication des étincelles sonores autour d’elle, telles des parenthèses, respirations et pulsations, permet une liberté rare pour l’auditeur: entendre, encore et encore, des pièces qui ne seront jamais des redondances, écoute après écoute. Bright Knots of Apparitions, qui clôt ce voyage, cet ailleurs, résume à lui seul ce sentiment par les glissandi de cordes qui y sont parsemés. Tant et si bien qu’on ne peut jamais, même après les avoir passées en boucle, dire combien de pistes sont apparentes dans chacune des compositions.

L’exploit de This Quiet Dust pourrait se résumer ainsi (sans que cela soit péjoratif): pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Sous ses apparats folk et immédiats, le projet dissimule un enchevêtrement de petites perles qu’il convient de révéler délicatement, patiemment, passionnément. Ressentir et réfléchir; soit faire, tout simplement, de la Musique.

Raphaël DUPREZ

http://thisquietdustmusic.com/

Let us come back to one of the most astonishing projects of 2013. One has been knowing French singer Watine thanks to her complex, intense and deeply moving albums; our Great Lady, on this new piece of work called This Quiet Dust, is taking us by the hand through an unexpected journey.

Joining forces with French composer Paul Levis (known for his amazing songs under the name Eleanor L. Vault) to turn American poetess Emily Dickinson’s writings into music, Watine absolutely exposes herself here. Tunes are stripped, simple, almost in a liquid state. Many weird noises (the wind through a microphone, footsteps in a corridor) contribute to create a fascinating intimacy and music which one could describe as chamber music. Acoustic guitars and violins (A Lonesome Glee) perfectly show what this EP is: a straight exhibition of feelings, none made-up topics and raw, immediate melody. One thinks as much of Paul Simon (A Long Long Sleep) as of Damien Jurado (Further Than Arm Could Stretch), so much the unity of all seven tunes is obvious. Paul Levis’ original folk talent arrowingly wraps around Watine’s particular voice, while this duet (even if the two musicians have been playing together for several years) seemed to be as strongly desired as unexpected.

Thanks to This Quiet Dust’s details and wonders, all tracks continuously reveal new details and artistic roads to follow, little by little. An astonishing feeling then prevails: it is impossible to listen to the same song twice and admit it is the same one. Backwards magnetic tapes (or bells introducing I Told My Soul To Sing), hidden choirs, a precise work on the vocal parts, discrete rhythms; the album is first of all as straight as impenetrable. One recognizes what makes the charm of Watine’s voice, its sweet and misty tones, as numerous melody sparks explode all around it , such as breaths and heartbeats and give a rare freedom to each listener: hearing, still and still, all parts without any kind of repetition, is an unbelievable pleasure. Moreover, Bright Knots of Apparitions, the last track on this EP, stands for this feeling thanks to mixed strings glissandos, so that no one ever can, even after playing it on a loop, to say how many tracks are performed in each song.

Though, This Quiet Dust’s memorable tour-de-force can be exposed like this: why act in a simple why as it is easier in a complicated one? Because, beyond its false straight and folk appearances, this four-handed project contains many small pearls which have to be delicately, patiently, passionately revealed. Feeling and thinking; in two words, enjoying Music.

Raphaël DUPREZ

http://thisquietdustmusic.com/

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