Banisher – Scarcity (2013, Unquiet Records)

Banisher – Scarcity (2013, Unquiet Records)

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« Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ». Ce slogan bien connu (du moins en France) s’adapte parfaitement à ce second album des Polonais de Banisher, tant la manière de permettre à l’auditeur de respirer pendant l’écoute de cet album de pur death metal est soignée et surprenante.

Jugez plutôt: le disque démarre en fanfare avec War on Drugs, monumental dès ses premiers accord mais réservant un passage beaucoup plus rock, voire aérien, au milieu du titre; une variante totalement inattendue et qui se confirme avec l’introduction de Scarcity, que l’on croirait composée (en plus rapide cependant) par Jesu. Ce même riff sera repris de façon beaucoup plus heavy dans les minutes suivantes, mais l’effet est là et sera reproduit dans l’excellent Paradigm Shift. La musique de Banisher illustre cette volonté de dépasser les limites d’un genre, de ne pas se cantonner à interpréter mais expérimenter de nouvelles frontières, ou plutôt de les briser. Et le tout fonctionne parfaitement bien, même plus encore.

L’album reflète le soin pointilleux apporté à la production, ne laissant aucun détail en marge. Un travail d’orfèvre, même si l’on pourra parfois reprocher certaines facilités sur les effets vocaux. Mais le flanger utilisé ci et là pour les guitares donne un côté électronique bref mais bienvenu à la musique ici proposée. Et le groupe se permet alors d’accorder à l’auditeur des reprises de souffle impromptues mais se mariant à la perfection aux morceaux, instants de pause qui laissent à nouveau pénétrer l’énergie infaillible de Scarcity. Vanity, autant jazzy que lounge, est étonnant et permet d’essuyer la transpiration avant de replonger dans la violence de Dystopia, direct du gauche étayé grâce à un solo typiquement death mais diablement (si j’ose dire) réussi. De même, Incentive est un souffle math rock incroyable et magnifique, tout en justesse et finesse.

L’album est un parfait exemple de ce que le death metal, lorsqu’il est appréhendé intelligemment et sans contrainte, doit prouver. Il n’est pas qu’une succession de prouesses techniques et de hurlements, mais se pose l’espace de quelques minutes pour mieux nous laisser à nouveau entrer dans la rapidité et la puissance de l’ensemble. Exemplaire.

En guise de dernier titre, une reprise pour le moins étonnante (mais vraiment réussie) d’un générique que les plus âgés d’entre vous reconnaîtront sans problème. A part ça, les metalleux n’ont pas d’humour…

Raphaël DUPREZ

 

‘A few grams of smoothness in a terrible and unfair world’; This well-known slogan (at least in France) perfectly fits to Polish band Banisher’s second album, as their way of allowing each listener to sometimes breathe while hearing this pure death metal LP is impressive as much as a huge surprise.

Here is what it is all about: the album immediately starts with with War On Drugs, a monumental song, but also suddenly rock, and even aerial in its middle part; this totally unexpected change is then confirmed with Scarcity, amazingly sounding like a faster performance of a Jesu song. This same riff will be brought to a heavier side during the following minutes, but its inner effect is done and will be reproduced in the excellent song Paradigm Shift. Banisher’s music stands for a desire to go further the limits of a genre and not only perform, but transcend borders, or rather, break them. And this perfectly works, even better than this.

The whole LP is a constant introduction to the fastidious work done on production and mixing parts, a huge care being given to any kind of details. It appears like a goldsmith work, even if one can sometimes think that vocal effects are too easy and useless. But the flanger effect often used on guitars brings a kind of electronic but interesting mood to the songs. Thus, the band can allow each listener to take a deep breath before the storm, these pausing times letting people go deeper into Scarcity’s invaluable energy. Vanity, as jazzy as slow, is an astonishing part of the LP,  and a piece of oxygen before diving back into the inner violence of Dystopia, a true punch in the face thanks to a typical death and perfectly controlled guitar solo. In the same way, Incentive is an incredible and splendid math rock song, accurate and sweet.

Scarcity is a perfect example of what death metal has to be when it is cleverly and globally comprehended. It is not only about showing technical abilities and screams, but also exploring deep and slow spaces during a few minutes in order to let to us enter into speed and power. This album is a perfect example of this feeling.

The last track of the album, is an astonishing cover of a famous English TV show that the eldest ones among you will surely recognize. Who said metal fans had no sense of humour?…

Raphaël DUPREZ

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