Avalanche Sharks (2013, Canada, réalisé par/ directed by Scott Wheeler)

Avalanche Sharks (2013, Canada, réalisé par/ directed by Scott Wheeler)

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Quoi de mieux, pour inaugurer cette rubrique « nanars », qu’un film au sujet aussi passionnant que des requins des neiges? Oui, vous avez bien lu. En cette période de sports d’hiver et de polémiques autour des Jeux Olympiques de Sotchi, détendons-nous un peu face à ce formidable film canadien. Oui, formidable, pour une simple raison: tout ici est à prendre au second degré, ce que l’équipe derrière ce chef-d’oeuvre à bien compris. Et pour cause…

L’histoire se résume assez facilement: des jeunes en plein « Spring Break » à la montagne, des requins sous la neige, des bikinis (oui, même si les températures sont négatives; on a même droit à un jacuzzi en plein air…), des filles aussi siliconées que stupides, un moniteur plus intéressé par son bronzage que par la sécurité des touristes (même si son double menton proéminent devrait être sa priorité), un responsable de station véreux, un maire qui refuse de fermer les pistes… Bref, tout ce petit monde se voit entraîné dans une aventure totalement loufoque et surréaliste dans laquelle quelques effets gores (mais vraiment très peu) ne parviennent pas à réhausser le ridicule des bestioles éponymes. Non, le meilleur dans cette série Z se situe ailleurs.

Les dialogues, tout d’abord: vu ici en Français, le doublage est digne d’une émission de téléréalité à la MTV, avec voix forcées et intonations de perruches pour les femmes et voix de baroudeur pour les hommes. Mais la qualité des phrases fait oublier cette imperfection (que l’on soupçonne totalement assumée). Jugez plutôt par ces quelques extraits:

1) Elle: « Shériff, mon cousin a disparu. Il s’appelle Ross Hamilton. »

Le shériff: « Depuis quand? »

Elle: « Depuis sa naissance, mais je ne vois pas le rapport… »

2) « Viens te battre, sale requin! J’ai été champion de lutte gréco-romaine aux Jeux Olympiques! »

3) La méthode de drague la plus mauvaise de l’histoire de l’Humanité: « Salut, t’es mignonne toi. Je t’ai déjà joué de la cornemuse? »

Qu’on ne vienne pas nous faire croire que c’est sérieux…

Autre originalité: les différentes explications de la présence des requins en pleine montagne (3 au total). La première, et certainement la meilleure, nous parle de requins intelligents extraterrestres qui aurait fui leur planète, étoile en train de mourir, pour trouver un nouveau lieu afin de vivre des jours paisibles. Tous les requins sont morts en chemin, sauf un qui, suite à la panne d’un de ses réacteurs (si si!), est tombé en montagne au lieu de s’abîmer en mer, puis est parvenu à se reproduire (tout seul, donc) et s’acclimater à son nouvel environnement. Ce qui nous vaut une admirable scène de migration de milliers de requins dans l’espace (véridique!) grâce à des effets spéciaux numériques de toute beauté! Les deux autres explications sont moins encourageantes: soit il s’agit de requins qui, en remontant un fleuve, se sont trompés de direction et ont atterri dans un lac gelé (voilà voilà…), soit d’un shaman réincarné en divinité prédatrice polaire connue sous le doux nom de Skokom. Difficile de s’en remettre… Mais les dialogues, qui réservent une vanne médiocre toutes les 30 secondes, sont savoureux et valent à eux seuls le visionnage du long-métrage.

Côté filmique, tout va à l’envi: caméra à l’épaule (ou mal réglée sur certains plans), effets par ordinateur approximatifs, plans fixes et langoureux sur les attributs féminins, caméra subjective façon « Evil Dead » pour illustrer l’approche des requins, etc… Quant aux scènes de poursuites en motoneige ou snowboard (car oui, il y en a), cela ressemble à un reportage de National Geographic sur le sujet, avec caméra embarquée pour les spectateurs avides de sensations fortes et musique tonitruante. Du cliché dans toute sa splendeur.

Que faut-il garder d’Avalanche Sharks? Un humour totalement décalé à la Troma (compagnie de films d’horreur fauchés et absurdes créée par Lloyd Kaufman à la fin des années 60), des acteurs choisis sur le tas, des rôles vus mille fois (la biologiste marine en pleine montagne qui ne sait que faire cuire des homards) mais détournés de leur raison première d’apparaître. Le film rejoint les classiques de la série Z qui n’ont qu’un seul but: se moquer des réalisateurs de métrages horrifiques destinés à la vidéo ou à la télévision à la demande se prenant au sérieux, et divertir en franchissant volontairement les frontières du ridicule. Et ça marche! Jugez-en plutôt par la bande-annonce dont le lien figure ci-dessous; après, à vous de vous faire une idée de la bête!

Raphaël DUPREZ

http://youtu.be/vJuux8zgNKo

What is the most exciting way of  inaugurating this ‘junk films’ section of the blog, thanks to a film telling the incredible story of snow sharks? Yes, exactly. In these polemical times about winter sports and Sochi’s Olympic Games, this excellent Canadian film seems to be a good start. Absolutely, an excellent one, for only one reason: all here is simple fun and a huge laughing party,  which the crew involved in this masterpiece wants to show up. So, here it is…

The scenario can easily be explained: young Spring Breakers get ready to have a fantastic moment of sex, drugs and (no) rock’n’roll up in the mountains, but are disturbed ny snow sharks; before that, it is all about bikinis (yes, even if it is cold outside; there is even an open-air jacuzzi…), sexy and stupid girls, a ski teacher who seems to be more interested by tanning instead of keeping an eye on tourists (even if his prominent double chin should be a priority), a bent entrepreneur, an idiot and stubborn mayor who keeps on refusing to close the station (remember ‘Jaws’?)… So, all these characters are getting involved into a surrealist and totally absurd adventure in which a few gores effects (really a few…) do not prevent us from laughing about the eponymous animals. No, the best in this Z movie has to be found elsewhere.

First of all, dialogues: in French here, they sound like a MTV real-TV show; all actors sound really bad, women are speaking like parakeets (litteraly) and men like buddies from Vietnam war. But a large amount of stupid sentences helps making the film sound funny (and this particular point of view seems to be completely assumed by the filmakers). For instance:

1)       Blonde: ‘Sheriff, my cousin disappeared. He is called Ross Hamilton.’

Sheriff: “Since when?”

Blonde: ‘Since he was born, but I do not understand why you are asking…”

2) “Come on and fight,you miserable shark! I was a Greco-Roman champ during the    Olympics!”

3) Worst seduction method ever in the history of Mankind: ‘Hello, you are cute, girl. Did I ever play bagpipe for you?’

Seriously, guys?…

Another original part: the presence of snow sharks finds its explanation through three different versions. First one, and certainly the best one, is about extraterrestrial intelligent sharks which ran away from their dying planet, in order to find a better place and peaceful days. All the sharks died on their way, except for one which, after one of its engines broke down (hell yeah!), fell into mountains instead of deep blue sea, then managed to give birth to others (on its own, of course) and to survive in this brand new environment. We are then invited to see a memorable migration-of-a-thousand-sharks in space (yes, a real one), thanks to incredible special effects! The other two stories are less interesting:  one is about sharks which, while migrating up a river, took the wrong direction and ended up in a cold lake (ok…); the other one, about a shaman who reincarnated into a polar divine predator called  Skokom. What else?… Nevertheless, all dialogues, occurring every 30 seconds, encourage people to watch the movie and have some fun.

Technically speaking, it looks the same: shaky cameras (sometimes cut on the screen), poor special effects, long shots of bikini women and breasts, ‘Evil Dead’-like subjective to stand for sharks attacks, etc. Even snowboard pursuits (yes, there are a few snowboard races), look like a National Geographic video about surfers, including speedy cameras and surf music (the ‘Offspring’ kind). Hail all these stereotypes!

So, you are about to ask: what is good about Avalanche Sharks? A Troma-like sense of humour (this famous horrorand absurd film compagny created by Lloyd Kaufman at the end of the Sixties), bad actors who were chosen not thanks to their IQ, well-known roles (even a marine biologist whose only ability is cooking lobsters), but exploited here to look as a complete ironic group of heroes. The film easily finds its place among the Z classics, aiming for only one thing: have fun and mock all horrific directors who really think that low-budget horror movies are their best work ever and could run for the Oscars, then let people laugh out loud. And it is perfectly working! Just watch the trailer below; you will then understand what it is all about!

Raphaël DUPREZ

http://youtu.be/vJuux8zgNKo

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2 réflexions sur “Avalanche Sharks (2013, Canada, réalisé par/ directed by Scott Wheeler)

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