Dying Sun – Transcendence (2014)

Dying SunTranscendence (2014, autoproduction)

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Au départ, la production fait très peur : un son lourd, saturé de reverb. On se croirait dans un entrepôt abandonné ou au dernier rang d’une salle de concert obscure dans lesquels la lumière ne provient que de loin, très loin, sur une scène éclairée de bleu et de rouge –et, autant que possible, de noir. Puis on comprend que tout est là pour créer une ambiance grave et colérique autant que dépressive et sombre. La musique de Dying Sun est ainsi : dramatique, dépouillée, directe, voire triste. Car derrière ces murs de guitares, cette batterie pesante et lointaine, ces nappes de cordes et de synthés noyées dans cet environnement bruitiste que les cris de rage et les chants plus posés traversent comme des flèches mortelles, le duo de Lewistown dissimule un style musical qui est tout sauf la définition qui en est donnée un peu partout sur le Net : post-metal, doom, sludge, et j’en passe…

Car Dying Sun garde sa marque de fabrique, révélée sur les albums « 5.125 » et « 12212010 », voire la dépasse. Pas de sample cette fois, mais une musique directe et froide qui rappelle celles de Nadja ou Kill The Thrill dans sa profondeur abyssale. Sans oublier de renforcer son identité propre ; instabilité émotionnelle, paroles et musique sur le fil du rasoir (aiguisé à l’extrême, cela va de soi). On voûte les épaules et on baisse la tête pour pénétrer dans ces cavités qu’une bougie à moitié fondue éclaire, prête à s’éteindre. « Generating The Sphere » et « The Night Sky » (titre évocateur en puissance) donnent le ton. On est happé, le sol se dérobe sous nos pieds et on tombe, de plus en plus profondément, dans cette fosse peu commune. Cependant, la peur ne prend jamais le dessus puisque l’auditeur demeure fasciné par ce qu’il découvre au fur et à mesure de l’enchaînement des titres (qui lui, par contre, ne laisse aucun répit). Pour ceux qui se demandent où la frontière entre réalité et folie se trouve, elle est ici. Comme Cult of Luna à l’époque de l’album « Salvation », Dying Sun évoque une tangence de l’esprit peu commune. Et il fait bon s’y lover, tard le soir, dans le noir le plus total, tels un funambule marchant au-dessus du précipice entre rêve et réalité.

L’album est en téléchargement libre (selon le principe du « name your price ») sur le site Internet du groupe (lien ci-dessous). Ce serait dommage de s’en priver.

Raphaël DUPREZ

http://www.dyingsun.us/

In the beginning, the production for this album sounds really, well, frightening: heavy sound, saturated with reverb. One would believe it all takes place in an abandoned warehouse or in the last row of an obscure concert hall where lights come only by far, very far, from an stage enlightened with shining blue and red lights – and, of course, black. Then a thought comes to mind: all of it is here to create a deep and hot-tempered as well as depressive and dark musical environment. Dying Sun’s music sounds like this: dramatic, stripped, direct, sad. Behind these resonant guitar walls, these heavy and faraway drums, this structure made of strings and synthesizers drowning in a noisy context in which raging as well as calm vocals, sharp as like mortal arrows, the Lewistown duet shares a musical style which is all but the simple restrictive definition given about them everywhere on the Net: post-metal, doom, sludge, etc…

Dying Sun has its own ‘trademark’, which first appeared on their albums “5,125” and “12212010”, and even is beyond here. No samples this time, but a straight-to-the-heart and cold music which reminds us of bands like Nadja or Kill The Thrill, as we explore the abyssal depths in their music. The band reinforces its own identity; emotional instability, words and music at the edge of the cliff (sharpened like razorteeth). One bows down and lowers head in order to travel through these instrumental caves where a single candlelight shows the way, even if tending to be put out. Generating The Sphere and The Night Sky (two powerful yet intimate songs) set the tone. One is captivated as the ground collapses under our feet and one falls, more and more deeply, into an unknown abyss. However, fear is not the main emotion in this album; every listener remains fascinated by all he/ she is about to discover while all songs keep on going (which, on the other hand, leave us breathless). For those who wonder where the limit between reality and madness takes place, it is here. As for Cult of Luna in their Salvation album, Dying Sun evokes an original unbalance of the mind. And it is so good to coil up here, late in the evening, in deep darkness, as would  funambulist would do while walking on a thin string between dream and reality.

The album is for free download (‘name your price’ purchase) on the band website (link below). Not going for it would be a huge shame.

Raphaël DUPREZ

http://www.dyingsun.us/

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